South By South West 2016

25 mars 2016 Par Eric Debris | 0 commentaires


Cette année, pour la trentième édition pas de Lady GaGa, Prince, Jay-Z ou autres gloires en mal de crédibilité, mais un président et sa femme, Barack et Michelle Obama, le président est intervenu en ouverture du festival interactif, sa femme quelques jours plus tard parlera d’éducation.

SXSW a de plus en plus l’air d’une la foire aux logos. Les 2000 groupes de la sélection officielle ont bien du mal à se faire entendre dans ce gigantesque brouhaha qui a perdu son âme. Espérons qu’un incident très violent de plus, ce qui a bien faillit arriver cette année avec deux coups de feu tirés en l’air lors d’une altercation dans la 6 ème le samedi soir, ne sonne le glas du festival.

La section cinéma reste notre préférée, même si  la sélection nous a semblé moins intéressante que l’an dernier.  Artist and Repertoire, le chemin de croix de James Lavelle, faire fortune et faillite en se mettant à dos la plupart de ses amis musiciens, ou comment utiliser le talent des autres ne fait pas de vous un producteur de génie.

In a valley of violence, écrit et réalisé par Ti West plutôt habitué à un autre cinéma de genre : l’horreur s’est attaqué au western et c’est une réussite, violent, drôle, avec une bonne dose d’authenticité. Ethan Hawke et  John Travolta sont parfaitement employés ainsi que la chienne Abbie.

Opération Avalanche, documentaire fiction, sur la théorie du faux alunissage d’Apollo 11. C’est malin, très bien réalisé et drôle.

Bang! The Bert Berns story. Bert Berns le juif du Bronx oublié de l’histoire du Rhythm and Blues, du Rock and Roll et de la Pop. Il a pourtant écrit les standards   »Twist and Shout », « Hang On Sloopy », « Here Comes The Night, « Piece Of My Heart », lancé les carrières de Van Morrison and Neil Diamond, travaillé avec Salomon Burke, the Isley Brothers, Emma Franklin, Ben E King, créé et dirigé les labels Bang! , Shout et frayé avec la pègre… Passionnant.

Gary Numan: Android In La La Land, nous a laissé perplexe… un film pour les fans, une sorte de pilote de télé réalité. Passons.

Good night Brooklyn – The Story of Death By Audio. Death By Audio fut l’un des lieux de créations les plus actifs de Brooklyn de 2004 à 2015. Nous assistons aux derniers concerts organisés avant la fermeture qui ironiquement est provoqué par un magazine « punk » d’origine canadienne, chantre de la contreculture, du politiquement incorrect qui après s’être installé dans les étages supérieurs, entreprit sans le moindre remord ni considération de récupérer la totalité du building en lieu et place de Death by Audio.  Comme le dit très bien un des créateurs de ce lieu Oliver Ackermann du groupe A Place to Burry Strangers « Fuck you V… ! » Triste.

A voir aussi s’ils sortent en France : I am the blues, très complet et très instructif voyage dans le bayou, le delta du Mississipi, bourré de témoignages et d’anecdotes des survivants comme Bobby Rush, Barbara Lynn, Henry Gray, Carol Fran, Little Freddie King, Lazy Lester et Silicon Cowboys, ou comment trois nerds texans ont bousculé l’industrie de l’ordinateur personnel, le PC, mettant à mal l’empire IBM.

Du coté du salon Interactif, les buzz et gadgets hi-tech de l’année était la réalité virtuelle du jeu au porno, l’impression de nourriture en 3D, pas si loufoque que ça, les grandes tables et pâtissiers devrait s’y intéresser de près. Si le reste du festival a de plus en plus l’air d’être en perte de vitesse, la partie interactive reste de loin la plus importante, mais va peut être elle aussi pâtir à terme de l’expansionnisme multi directionnel et souvent confus des organisateurs.

On retiendra coté musique : Iggy Pop accompagné de Josh Homme et de la plupart des musiciens de Queen of the Stone Age, c’est bien fait, peut être trop bien, à force de vouloir être parfait certains concerts finissent par ressembler à une vidéo grandeur nature et le coté Iggy Pop et son orchestre fait penser à un show près pour Las Vegas. Les Woggles qui ont mis le feu au Valhalla, là pour le coup c’est du vrai live, rock sixties garage joué sur des instruments d’époque, avec le chanteur qui fini debout sur le bar. The Yuppie Pricks, groupe local, qui jouèrent derrière un mur en polystyrène tagué « Send Tacos. Not Rapists » en tenant de manière très sarcastique, des propos pro Trump, une sorte de Dead Kennedys Texans, l’humour en plus. Capsula groupe Glam Psychédélique qui ont joué l’intégralité de Ziggy Stardust, hommage cohérent puisque leur nom leur a été inspiré par cette chanson et qu’ils ont travaillé avec Toni Visconti. Les cinglés de Golden Dawn Arkestra, ovni made in Austin, croisement improbable entre Parliament, Lee Perry, Fela et une bande de barjos un tantinet hippie, ça groove et c’est réjouissant. Wolfmother qui malheureusement devront interrompre leur set après quelques morceaux, bien que monté sur scène avec quinze minutes d’avance. Lorsqu’un orage éclate au Texas et que le concert est en plein air, il vaut mieux faire évacuer le public et ne pas laissé les musiciens prendre des risques avec la foudre.

Et si en plus d’écrire un article, je participais un peu, c’est ce que j’ai fait cette année à la demande du groupe de Kraut Rock : FaUSt. C’est au synthé que je les ai rejoints sur la scène de l’Hotel Vegas, après avoir passé la journée en studio avec eux, où j’officiais également comme ingénieur du son. Formidable accueil du public pour ces vétérans, et surprise personnelle face aux applaudissements à l’annonce de mon nom… J’ai vraiment pris plaisir à jouer du synthé, ou plutôt faire du bruit, il va falloir que je trouve de nouvelles occasions.

Une édition de plus de SXSW s’achève, à l’année prochaine.

 


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