Sortie ciné : L’art de la pensée négative, de Bard Breien

26 novembre 2008 Par marie | 0 commentaires

A la suite d’un accident, Geirr a perdu l’usage de ses jambes. Pour le sortir de ses idées noires et tenter de dégonfler sa misanthropie, sa femme, Ingvild, décide de lui faire rencontrer un groupe d’handicapés coaché par une adepte de la « pensée positive ». Devant leurs discours autopersuasifs, d’un optimisme absurde, Geirr abandonnera-t-il sa propre thérapie, un mélange de Johnny Cash et d’Apocalypse Now saupoudré d’une bonne dose de mauvais esprit ? Un film du norvégien Bard Breien à l’humour grinçant et cathartique. A voir !

Marte est paraplégique. Depuis son accident d’escalade, elle garde accroché à sa tête –elle-même quasiment immobile- un sourire béat qui exaspère son mari. En fauteuil lui aussi, Asbjorn ne s’exprime plus que par grognements et Lillemor soigne sa dépression nerveuse par une minerve. Cette joyeuse petite bande a son gourou, Tori, une jeune cinquantenaire autoritaire et sûre d’elle qui enseigne « l’art de la pensée positive »… ou comment, -quand on est paralysé, seul et désespéré-, voir le bon côté des choses… Avec sa troupe de fidèles, Tori compte bien convertir Geirr à sa philosophie, mais, peu commode, ce dernier les reçoit à coup d’extincteur  : « Je ne veux pas de ces monstres ici ! » hurle-t-il. Geirr a assez d’un fauteuil chez lui, Johnny Cash lui suffit… Cry, cry, cry and Cocaines Blues

« On m’avait parlé de la méthode de la pensée positive, une nouvelle thérapie directement importée des Etats-Unis, et qui est encore très populaire en Norvège. Elle est utilisée pour les gens démunis dont les soins sont pris en charge par l’Etat » explique Bard Breien. Mais ce sera finalement Geirr qui délivrera son enseignement à ses hôtes encombrants : « Emmerde moi, emmerde toi, emmerde les » conseille-t-il à Marte, logeant ainsi son discours dans les failles du travail  bien superficiel de la gourou… A force d’alcool, de drogue et de couteaux remués, chacun des hôtes explosera à sa manière…  Et, comme si les longues nuits scandinaves donnaient le temps de plonger dans l’Inconscient humain et d’y déterrer la mauvaise foi qui s’y loge douillettement, le huis-clos tourne en un cauchemar à la Festen (du danois Thomas Vinterberg)
Brad Breien maîtrise l’art du retournement, il est de ces réalisateurs qui invitent par un doigt d’honneur à découvrir son oeuvre, pourtant subtile et sensible. Au final, la séance s’avéra cathartique tant pour les personnages que pour le spectateur, « Fuck them all ! »

L’art de la pensée négative, une comédie de Bard Breien, avec Fridtjov Saheim, Kirsti Eline Torhaug et Kjersti Holmen. Durée : 1 h 19.

Marie Barral


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