« GLOW » sur Netflix, les reines de l’arène

30 juin 2017 Par
Jérôme Avenas
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Diffusée depuis le 23 mai sur Netflix, la série « GLOW » écrite par Liz Flahive et Carly Mensch ( « Nurse Jackie ») s’inspire d’un programme télé de catch féminin des années 80. Le pitch ? Quelques comédiennes en galère de boulot passent un casting réservé aux femmes « non conventionnelles » et se retrouvent sur un ring de catch. C’est drôle, émouvant et léger.

Le pilote de « GLOW » (i.e Gorgeous Ladies Of Wrestling) tape fort avec des scènes hilarantes, des brushings eighties montés à la laque, des répliques qui cognent, des cours d’aérobic en justaucorps léotard ultra échancrés, et un personnage auquel on s’identifie d’emblée : Ruth Wilder (Alison Brie) est une comédienne ambitieuse, appliquée (elle ne manque aucun cours de théâtre), talentueuse et …fauchée. Après un énième casting raté, elle échoue avec une poignée de consœurs dans une salle de gym où trône un ring. Pour leur plus grande stupeur on leur apprend qu’il s’agit d’auditionner pour un programme télé de catch féminin créé par un réalisateur de série B médiocres.

Les années 80 inspirent beaucoup réalisateurs et écrivains. Le regard porté sur cette période par Liz Flahive et Carly Mensch est tout en nostalgie ironique. Sur la condition des femmes d’une époque pas si lointaine pèse un sexisme pervers. Les stéréotypes racistes, sans complexes, sont allègrement colportés et vont servir à construire les persona des bagarreuses, dont une « Welfare Queen » (« Reine des Allocs ») afro-américaine. L’émancipation se construit petit à petit, coup de boule après coup de boule. Mettre en scène le cliché sur un ring pour mieux le ridiculiser et lui casser la gueule ? Mais oui ! Et comme c’est réjouissant.

Alison Brie (elle était « Trudy » dans Madmen) est excellente. La scène où elle utilise sa formation de comédienne de théâtre pour « nourrir » son personnage, ce qui lui vaut le surnom de « Strindberg », vaut à elle seule le détour. Mais toutes les actrices de « GLOW » sont impressionnantes. C’est toujours dans une comédie que l’on peut juger au mieux de la force de l’acteur. Du côté de la narration, on en reste à des ficelles bien connues : c’est confortable sans être prévisible notamment parce qu’on nous ménage çà et là quelques petites surprises. Pour sûr, « GLOW » est la série comédie de l’été, « une véritable Comédie Humaine » comme l’écrivait Barthes dans « Mythologies » à propos du catch.