Bienvenue à Suberbicon de Georges Clooney- Une satire qui manque un peu de mordant

11 décembre 2017 Par
Pierre Descamps
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En adaptant un scénario des Frères Coen à l’écran, Georges Clooney tente de reprendre la formule des « Fargo movies ». Avec plus ou moins de réussite.

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Bienvenue dans l’Amérique d’après-guerre des années 50. On se croirait plongé dans le jeu vidéo LA Noire de Rockstar avec les voitures d’époque et une délicieuse musique jazzy. Les petites résidences y sont chaleureuses, le voisinage sympathique. Le quartier de Suberbicon est prospère et tellement calme. On y suit le quotidien d’un couple interprété par Matt Damon et Julianne Moore à l’apparence très tranquille…

Commençant avec les dessins d’une bande dessinée, l’horizon va s’assombrir. Une famille noire débarque dans le quartier et le fantasme de l’insécurité resurgit chez les villageois. « On est plus chez nous », « les Noirs n’ont pas à s’intégrer de force, ils ont qu’à suivre la même éducation que nous » et ces autres cris raciaux d’autrefois font forcément écho aux nouveaux cris de l’Amérique post- Trump.

Et pourtant, le danger est toujours là où on ne l’attend pas. Le pathétisme n’a pas de couleur, ni d’âge et encore moins d’appartenance sociale. Il est partout tout le temps, prêt à surgit pour le meilleur (et surtout pour le pire).

De ce postulat de départ croustillant, le résultat est convenable. L’humour manque cruellement de finesse, c’est dommage car la partie polar est mieux maitrisé et réussie. La réalisation est plutôt classique, le vrai point fort du film est son scénario solide et efficace.

Il y’a donc un manque de justesse entre la satire et le polar du film. Dans le traitement du film, on aurait souhaité plus de folie ou plus de noirceur. Dans un mélange des genres qui n’est jamais évident, le film s’en sort néanmoins avec les honneurs.

Crédit Images : Nicolas Genin