Retour de flamme envoûtant au Théâtre des Champs-Elysées

11 avril 2011 Par
Yaël Hirsch
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Depuis 1985, Serge Bromberg et Lobster Films retrouvent des vieilles pellicules de films dans les greniers des familles européennes et restaurent des trésors du 7e art. Chaque année Serge Bromberg présente lui-même à plusieurs occasions quelques morceaux choisis et souvent muets de ces trésors sauvés qu’il accompagne avec maestria au piano. Comme nous vous l’avions annoncé, dimanche matin, Jeanine Roze avait invité celui qui a réussi à parachever l’Enfer de Clouzot à présenter son » Retour de Flamme » dans la superbe salle du Théâtre des Champs-Elysées. Les talents de pianiste et de narration de Bromberg le passionné ont emporté le public, de 7 à 77 ans.

Au programme de ce spectacle insolite, des courts voire très courts métrages qu’on croyait perdus depuis longtemps et que Lobster films a réussi à restaurer. Au menu, du rire, avec la première apparition de Charlot à l’écran (« Charlot Grande Coquette de Charles Chaplin, USA, 1914), des trucages hilarants avec « La poule merveilleuse » (de Ferdinand Zecca, France 1902), de l’érotisme avec une des premières publicités pour les pâtes et « Le pompier des folies bergères- » (France, 1928 et une des premières apparitions de Josephine Baker à l’écran) et beaucoup de musique avec Stéphane Grappelli mis au chômage par la passage au film parlant et faisant semblant de jouer du violon pour l’orchestre « Grégoire et ses grégoriens » (de Roger Lion, France, 1930). Avec « Jazz Hot » (GB, 1939), Bromberg a retrouvé les seules images où l’on voit Django Reinhardt jouer (et Stéphane Grappelli, qui entre-temps est devenu le maestro du violon que l’on connaît). Enfin, ce retour de flamme s’est terminé en beauté par un numéro de domptage sensationnel de « Gertie le dinosaure », premier film d’animation au monde, de Winsor McCay, dont Bromberg a estompé les aspects maladroits et ennuyeux en entretenant un dialogue musclé avec la bête, muni d’un fouet et d’une orange.

Boule d’enthousiasme absolument irrésistible, Bromberg ferait aimer le cinéma muet aux plus rétifs. Ne manquez pas les prochains rendez-vous de ce « Retour de flamme ». Et si par hasard vous trouvez de vieilles pellicules dans votre grenier, contactez immédiatement Lobster Films : il s’agit peut-être d’un chef d’œuvre perdu que des passionnés pourraient restaurer.



Le pompier des Folies-bergère par Aristophane
Gertie The Dinosaur (1914) par ziglemoco