[Mostra 2016, compétition] « El Cristo ciego », l’étrange odyssée qui réveille la foi des hommes

3 septembre 2016 Par Ariane Kiatibian | 0 commentaires

Au festival de la Mostra de Venise cette année, il y a aussi des films comme El Cristo ciego (Le Christ aveugle), tournés au plus près de la vie de gens humbles, parfois cruels, souvent touchants. Épopée d’un Christ moderne qui parcourt des espaces isolés où les hommes sont en quête de Dieu pour mieux survivre. Des scènes où l’expérience mystique et la quête de rédemption sont abordées avec une pudeur et d’une dignité inattendues.

 

 

Note de la rédaction :

Michael (Michael Silva) mène une vie simple, imprégnée de foi depuis qu’il a expérimenté une révélation divine étant enfant. Pour guérir son ami d’enfance, il va cheminer à travers plusieurs villages démunis en bordure du désert chilien. Ce périple, ce sera beaucoup de gens croisés, de drames intimes effleurés et d’aide prodiguée par une présence bienfaisante. Michael, qu’il soit ou non réellement capable de miracles, s’est investi d’une mission : il est là pour soulager ceux qu’il croise sur son chemin et convoque un Christ présent en chacun de nous. Chez beaucoup, il réveillera une soif éperdue de croire. « La foi est le son qui remplit le vide », entend-il de la bouche d’un homme sage, alors qu’il connaît le doute et se sent abandonné de Dieu.

Accepter l’incertitude d’être réellement accompagné, accueillir au plus profond de soi un vide qui nous effraie tant, voilà ce à quoi nous convie ce premier long-métrage du réalisateur chilien Christopher Murray, heureusement inspiré par ses études de théologie. Les symboles sont là, sous forme d’images récurrentes qui ponctuent le voyage initiatique du héros : les pieds, qui nous relient au sol terrestre, sont chaussés ou nus, lavés ou abîmés ; quant aux mains, elles sont tour à tour lancées vers le ciel, points de contact entre les hommes ou vecteurs de guérison.

Accompagner cette figure de Christ moderne en quête de son premier miracle ne sera peut-être pas chose facile pour tout le monde. El Cristo ciego ne manque cependant pas d’intensité et s’éloigne résolument d’une vulgarité qu’on avait appréhendé de voir dans un film sur la foi. Des scènes d’un grotesque inutile, pleines de bruyantes exhibitions, et des clichés jouant sur la légendaire ferveur populaire auraient été si faciles! C’est au contraire avec une noblesse désarmante que cette expérience cinématographique nous propose d’explorer, dans un monde fait de pauvreté, de violence et de marginalité, une facette de l’humanité profonde, qui subsiste envers et contre tout : partout, le besoin de croire et d’être sauvé.

El Cristo ciego de Christopher MURRAY avec Michael Silva, Bastian Inostroza, Ana Maria Henriquez, Mauricio Pinto – Chili/France – 85’


LAISSEZ UN COMMENTAIRE VIA FACEBOOK:

comments

Laissez un commentaire: