[Live-Report] Retour sur la compétition documentaire du 7e Festival2Valenciennes

16 mars 2017 Par
Yaël
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Ce mercredi 15 mars 2017, la compétition documentaire du 7e Festival2Valenciennes laissait la place à la fiction et en Président du jury, Patrice Leconte succédait à Bernard-Henri Lévy. Alors que c’est l’émouvant film vietnamien de Tran Phuong Thao et Swann Dubus, Finding Phong, qui a remporté le prix du jury et que le prix du jury presse, auquel participait la fondatrice de Toute La Culture, a remis son prix à la magie maîtrisée de L’Opéra de Jean-Stéphane Bron, retour sur ces trois jours dédiés aux documentaires.

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Hier soir, avant que Patrice Leconte ne déclare ouverte la compétition fiction du 7e F2V, ce sont quatre films sur six en compétition qui ont été primés par les prix destinés aux documentaires. Après trois jours de compétition, le prix du jury présidé par BHL, aux côtés duquel l’on trouvait l’actrice Loubna Abidar, la productrice Catherine Dussart , la chanteuse et actrice Elsa Lunghini, le directeur de la photographie Michel Benjamin, le réalisateur Pierre Filmon et le réalisateur et scénariste Pascal Plisson ont couronné le premier film présenté en compétition et qui a été le point d’orgue de la cérémonie d’ouverture, Finding Phong (2015). Ce film, qui commence face caméra dans l’appartement à Hanoï du personnage principal et qui finit à Bangkok, suit un jeune homme vietnamien qui se sent femme et va jusqu’au bout pour changer de corps. Avec un franc-parler saisissant, l’on suit la transformation du corps de Phong et l’on en apprend beaucoup sur son combat pour être elle-même tandis que ses peurs, ses doutes, ainsi que les questions de l’entourage, notamment de la famille, sont aussi dévoilés. Un film coup de poing, qui rappelle en filigrane les clichés existant sur le genre, où le passé du Viêt-Nam, ainsi que son présent apparaissent en trame de fond.

Un vote après chacune des séances a permis au public de manifester sa préférence pour le premier documentaire d’Otto Bell, La jeune-fille et son aigle, qui nous a emmenés mercredi après-midi lors d’une séance pleine d’enfants vers les paysages de Mongolie pour suivre les exploits d’une jeune-fille de 13 ans, chasseuse comme un homme, avec son fidèle aigle sur l’épaule et son père comme meilleur soutien. Un beau film, qui fait voyager tout en posant également la question du rôle et du genre.

Le jury étudiant a choisi de primer le dynamique A voix haute – La force de la parole, de Stéphane de Freitas et Ladj Ly, qui suit les concours « Eloquencia » de l’Université de Saint-Denis et montre comment cette association permet à des étudiants de cette banlieue de passer maîtres de la joute oratoire. Un documentaire tourné originellement pour la télévision, diffusé sur France 2, et que le sujet a poussé à rallonger un peu pour le diffuser en salles. Rendez-vous le 12 avril prochain sur nos grands écrans pour découvrir le combat de Leila, Elhadj, Eddy et leurs copains pour devenir le meilleur rhéteur.

Enfin, le jury presse a voté pour un quatrième film parmi les six de la compétition : L’Opéra de Jean-Stéphane Bron, qui suit la saison 205-2016 de l’Opéra de Paris. Filant la métaphore musicale, Perrine Quennesson a expliqué comment, pour le jury de critiques cinéma, ce documentaire aurait pu durer huit heures de plus, combien le réalisateur avait réussi à allier le fond et la forme avec une image sublime et une structure qui faisait entrer le monde extérieur à l’intérieur de cette grande boîte à musique et à rêves qu’est l’opéra. Et plusieurs membres du jury pourtant loin du monde de l’opéra ont eu envie d’y aller ou d’y retourner après avoir vu ce documentaire qui avance comme une chorégraphie millimétrée.

Deux films sont donc repartis sans prix : Midnight Returns de Sally Sussman, qui revient sur le film culte des années 1970 Midnight express, qui mettait en scène un jeune américain, Bill Hayes, condamné à perpétuité à la prison turque pour détention de drogue et qui s’est échappé. Fonctionnant sur le mode du collage en séquences efficaces de 15 minutes, le film touche à un sujet passionnant mais peine à asseoir un angle et à le creuser. Enfin, Cinéma mon amour, film roumain de Alexandru Belec, dressant le portrait d’un des derniers projectionnistes d’un pays qui a vu ses cinémas passer de 400 à 30 depuis la chute de Ceausescu. Projeté en présence de cet irrésistible don quichotte du 7e art, Victor Purice, le film a su attirer tendresse et sympathie mais la forme restait un peu trop dénudée par rapport aux propositions visuelles des quatre films primés.

Alors que la cérémonie de la partie « fiction» du Fetsival2Valenciennes a commencé par un hommage à François Berléand (en sa présence) et par une très belle performance de cape et d’épée du cascadeur Michel Carliez et de ses équipes chargées d’animations au centre de la ville tout le week-end, nous sommes entrés dans le vif du sujet dès 22h avec la projection du premier film de fiction en compétition Sage femme de Martin Provost à qui l’on doit notamment Violette et Séraphine et qui met en scène le trio Deneuve/ Frot/ Gourmet dans un mélodrame entre vie battante et mort tragique.

Un dîner au Pasino de Saint-Amand a clos cette soirée de fin et de commencement et c’est avec tristesse que nous quittons Valenciennes, espérant en suivre les deux volets documentaire et fiction l’an prochain.

Visuels : affiche


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