[Live-Report] « Baba Joon » de Yuval Delshad Ouvre le 16 e festival du film israélien de Paris

30 mars 2016 Par Yaël | 0 commentaires

Cette année 2016, le festival du film israélien s’installe aux 7 Parnassien pour une programmation éclectique et très ouverte sur le documentaire, les arts de la scène et la philosophie (voir notre interview du directeur Charles Zrihen). Cette 16 édition s’est ouverte sous les auspice de ses deux parrains, Francis Huster et Steve Suissa et avec deux projections : Trésor de Viktoria Yakubov nous a emmené au Kazakhstan et, primé au Festival de Jérusalem et sélectionné par le pays pour l’Oscar du meilleur film en langue étrangère à la 88e cérémonie des Oscars, Baba Joon de Yuval Delshad nous a parlé des juifs iraniens.

Note de la rédaction :

Alors que le directeur du festival, Charles Zrihen a manqué à l’ensemble des invités de cette très belle soirée d’ouverture, le public était très heureux de se retrouver pour voir sa sélection de films venus d’Israël. Nous avons pu parler à l’un des parrains de cette édition, Steve Suissa, en tournée avec l’autre parrain Francis Huster pour jouer du Stefan Zweig en Israël à partir du mois de juin. Disant avoir un « rapport animal » à ce pays dont il admire la créativité et l’énergie et où il passe en ce moment plusieurs jours par mois pour préparer le festival de cet été, l’homme de théâtre y a de la famille, des souvenirs forts et surtout beaucoup de projets. Les spectacles qui vont se monter cette été, il les produits seul, à fonds propres et sans aide, sûr que la puissante communauté francophone (400 000 personnes) du pays remplira des salles qu’il a d’ailleurs eu de mal à réserver tant la vie culturelle du pays est fleurissante. La passion de Steve Suissa pour sa mission théâtrale en Israël était puissante et une bien belle manière d’entrer dans l’ambiance du Festival du film Israélien à Paris.

Avant de voir le film d’ouverture et de nous emmener entre Iran et Israël, le festival nous a permis de voyager au Khazaksthan avec le très beau court métrage de Viktoria Yakubov, Trésor. Un cour-métrage filmé dans une nature sauvage et qui met en lumière la manière dont une petite fille de 6 ans redécouvre le passé de sa famille. Texte poétique, musique évocatrice, plans fixes qui semble encadrer de forts portraits et symbolique des vêtements rouges, la jeune réalisatrice née en Asie Centrale et arrivée en Israël en 1990 nous a vraiment emmenés très loin de Montparnasse, pendant 13 minutes de plongée hors du monde et dans l’histoire d’une famille. Et elle est venue présenter ce film plein d’âme et tourné très vite, dans l’urgence d’un moment de grâce.

Première fiction de son réalisateur et premier film à mettre en scène un immigrant israélien d’origine iranienne, Baba Joon a touché le public et les jurés des ophirs (césars israélien) par son focus impeccable sur une relation père/fils riche et tendue. Tout commence en bord de route, par une chanson en Farsi, dans une campagne désertique où la voiture censée ramener les poulets que le père veut léguer avec son exploitation agricole a son jeune fils tombe en panne. Le fils, lui, a d’autres rêves et à peine la bienveillance d’une mère qui prépare des plats traditionnels iraniens pour se conforter. L’expérience de l’immigration et la langue perse sont toujours là, en filigrane et le public israélien retrouve l’une des grands figures de méchants de la série originale de Homeland, Navid Negahban dans un rôle sensible et complexe. Un vrai beau drame très sensible, nourri à l’expérience familiale de son réalisateur et où la suggestion est le meilleur des moyens pour trouver le chemins de l’émotion du public… et des Oscars.

Baba Joon, de Yuval Dehsad, avec Navid Negahban, 2015, 91 min.


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