Les sorties ciné de la semaine du 23 février

22 février 2017 Par
Quitterie Puel
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Toute la culture a sélectionné pour vous les meilleurs films en salle cette semaine. Il y en a pour tous les gouts, alors n’hésitez pas, foncez !

Chez nous de Lucas Belvaux :

Pauline ( Emilie Dequenne) infirmière à domicile, s’occupe seule de ses deux enfants et de son père. Dans son travail, elle est appréciée par ses patients qui comptent énormément sur elle. Au regard de sa popularité, les dirigeants d’un parti extrémiste vont lui proposer d’être candidate aux municipales… Affreusement banal. Comme un chewing gum collé sous la semelle, gênant, même si on s’en débarrasse. Un relent de saleté, une sorte d’arrière-goût désagréable, qui resterait accroché malgré tout. Chez nous, le dernier film de Lucas Belvaux, est de ces « petites choses » de l’ordre de la nécessaire salubrité publique

Fences de Denzel Washington:

Troisième réalisation de Denzel Washington, Fences est l’adaptation de la pièce du même nom d’Auguste Wilson. Récompensé au BAFTA et en compétition pour les Oscars, Fences est un film très remarqué cette année. Troy était un joueur de baseball ayant connu le succès durant les années 50, quand l’Amérique était ouvertement raciste. Par la suite il est devenu éboueur afin de permettre à sa femme et à ses enfants de vivre une vie confortable. Il voit d’un mauvais œil la passion grandissante de son fils pour le football, à la fois par jalousie mais aussi par peur qu’il devienne à son tour, la risée des blancs. Le racisme est sujet casse gueule au cinéma parce qu’il faut parvenir à en parler sans sombrer dans le pathos ni dans les clichés. Avec Fences, Denzel Washington réalise un film discret et élégant, qui suggère et évoque la dure conditions des hommes de couleur sans jamais pousser le trait.

Les derniers parisiens:

A peine sorti de prison, Nas ( Reda Kateb) revient dans son quartier qu’il aime tant, Pigalle. Ici, il retrouve ses amis d’enfance et son grand-frère Arezki qui tient un bar, le Prestige. Souhaitant se faire un nom dans le monde de la nuit, Nas voit le Prestige comme un bon tremplin. Hamé Bourokba et Ekoué Labitey nous plongent au cœur d’un des quartier les plus authentiques de la capitale et nous livrent un film d’un réalisme à la fois déchirant et inspirant. On y découvre un assemblage de bribes de vie, des galères, des trahisons mais aussi de l’amitié, de la fraternité et de la persévérance.

Certaines femmes de Kelly Reichardt:

Kelly Reichardt montre les circonstances de la vie de quatre femmes dans une petite ville du Montana. Laura, une avocate qui est aussi la maîtresse d’un homme marié, Gina l’épouse en question, Jamie une jeune femme qui bosse dans un ranch et Beth une jeune avocate débordée. Le film de Kelly Reichardt est une sorte de western féminin où les personnages se confondent avec le paysage dans un parfait accord. C’est un film tout en lenteur, où les choses arrivent doucement dans un minimalisme apparent. Superbe!

Les fleurs bleues d’Andrzej Wajda:

Ce film prend place dans la Pologne d’après guerre. Le célèbre peintre Wladyslaw Strzeminski, figure majeure de l’avant garde, enseigne à l’Ecole Nationale des Beaux Arts de Lodz. Si, pour les étudiants, il est perçu comme le grand maître de la peinture moderne, il ne plait beaucoup au parti qui voit en lui un être trop insoumis aux règles édictées. Sa liberté et sa désinvolture vont très vite être punies par le parti qui va le persécuter et détruire ses oeuvres. Si à certains moments le film manque de lyrisme, il n’en demeure pas moins que son ancrage historique lui donne une force certaine quelques mois après la mort du réalisateur.

Et si, par chance, vous êtes à Paris entre le 24 février et le 19 mars n’oubliez pas de vous rendre à la rétrospective Walerian Borowczyk au Centre Pompidou !