Les Géants, le nouveau film enchanteur de Bouli Lanners

9 novembre 2011 Par
Vincent Brunelin
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Après le déjà très joli Eldorado sorti en 2008, l’acteur-réalisateur Bouli Lanners confirme qu’il a du talent à revendre et une sacrée sensibilité. Un film drôle et tendre à la fois sur le parcours initiatique de trois adolescents, où affleurent de beaux moments de poésie et la nostalgie de l’enfance. En salles depuis le 2 novembre.

Synopsis : C’est l’été, Zak et Seth se retrouvent seuls et sans argent dans leur maison de campagne. Les deux frères s’attendent encore une fois à passer des vacances de merde. Mais cette année là, ils rencontrent Danny, un autre ado du coin. Ensemble, à un âge où tout est possible, ils vont commencer la grande et périlleuse aventure de leur vie…

Bouli Lanners est un personnage atypique qui suscite immédiatement la sympathie. Sa bonhomie naturelle, son physique un peu ours, sa malice et son regard tendre ont sans doute contribué à faire de lui un  des seconds rôles incontournables du paysage cinématographique franco-belge. Révélé au côté de ses compatriotes Benoît Poelvoorde (Les Convoyeurs attendent, Cowboy) et Yolande Moreau (Quand la mer monte) ou encore dans les films des grolandais Delépine et Kervern (Aaltra, Avida…), on l’a vu plus récemment à l’affiche du Vilain d’Albert Dupontel et de Rien à déclarer de Dany Boon. Mais l’ami Bouli a plus d’une corde à son arc, et dès 2005 il passe derrière la caméra avec Ultranova, un premier long-métrage présenté à la Berlinale.

Pour sa troisième réalisation, il affine un cinéma qui puise son inspiration quelque part entre la Belgique et les États-Unis, mêlant un humour poétique et absurde à l’amour de la nature et des grands espaces. Il affirme même un véritable style, s’éloignant d’une « belgitude » poelvoordo-grolandaise qui caractérisait encore son précédent film. D’Eldorado, il conserve cependant l’esprit du road-trip, mais sous la forme d’un voyage intérieur cette fois, et relate le parcours de ces trois gamins livrés à eux-mêmes. Sur le mode du conte initiatique, le réalisateur décrit ce passage accéléré de l’enfance à l’âge adulte entre bêtises, errance, complicité et débrouillardise face au monde extérieur.

Si la nature est rude mais bienveillante envers les garçons, il n’en va pas de même dans leur confrontation à l’environnement des adultes qui s’avère au mieux loufoque, au pire hostile (si on excepte l’apparition de Marthe Keller, fée protectrice et mère de substitution). On pense à l’univers de Mark Twain pour les facéties enfantines et à Gus Van Sant dans le regard porté sur l’adolescence. Si le récit s’essouffle par moments, l’ensemble est galvanisé par la performance des trois jeunes acteurs, absolument bluffants de naturel (mention spéciale faite à Zacharie Chasseriaud, 15 ans, un aplomb étonnant et déjà une vraie gueule de cinéma). Des petits géants attachants, tout simplement.

 

Les Géants, de Bouli Lanners, avec Zacharie Chasseriaud, Martin Nissen, Paul Bartel
Belgique, 1h25, Comédie dramatique
En salles depuis le 2 novembre 2011

Les Géants, le nouveau film enchanteur de Bouli Lanners