Lake Tahoe

16 juillet 2008 Par admin | 0 commentaires

Primé à Berlin, primé à Sundance, sélectionné à Cannes : Lake tahoe bénéficie déjà d’une crédibilité appuyée. Il faut dire que Fernando Eimbcke travaille pour la deuxième fois sur le même concept : un adolescent qui voit un événement banal et ennuyeux se transformer en une succession de péripéties absurdes.

Premières images, route paisible. Le soleil le se lève gentiment. Sans prévenir, l’intrigue du film arrive à toute vitesse : Juan vient d’emboutir la voiture de son père. Déterminé mais très calme, il part à la recherche de quelqu’un pour l’aider. Il va en trouver plus que nécessaire. Un vieux mécanicien et son chien, une jeune fille punk et un fanatique des arts martiaux. Chacun prêche pour sa paroisse, raconte un peu sa vie avant de commencer. Forcément, les rencontres traînent en longueur, engluant le scénario dans des chapitres trop tranquilles.

Malgré la présence de Juan, les personnages continuent à vivre leur petite vie – sieste, déjeuner etc. Lui, troublé par un tragique événement, ne veut de toute façon être nulle part, ni chez lui, ni avec eux. Il évite tout.

Le problème de Lake Tahoe, c’est qu’il vit au rythme d’un village endormi où chaque minute fait une heure. Pour conter une journée pleine de péripéties, de rencontres, de situations atypiques, ce n’est pas l’idéal. Mais Fernando Eimbcke n’en a que faire. Au lieu de foncer, il multiplie les plans fixes. Ceux-ci finissent même par rattraper le récit lui-même : les images durent plus longtemps que l’action filmée.

A travers ce film, c’est tout les tourments des petits villages qui sont dévoilés : le manque d’amour, d’amitié ou simplement de compagnie. Personne n’est franchement communicatif, ce qui implique des dialogues ou l’on pourrait presque compter les mots. Mais surtout, c’est un film thérapie pour son réalisateur, qui s’est inspiré de sa propre expérience pour écrire Lake tahoe.

Yves Bouillon


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