La Rochelle: « Tour de France » de Rachid Djaïdani

7 juillet 2016 Par Cedric Chaory | 0 commentaires

« C’est ça la France! ». Présenté à la Quinzaine des réalisateurs (voir notre article),  le nouveau long métrage de Rachid Djaïdani a beaucoup fait parler de lui au Festival du Film de la Rochelle! Critique. 

Pour un autographe refusé à un rappeur débutant au détour d’une rue parisienne, la star du hip-hop Far’Hook (interprété par le jeune chanteur Sadek) se voit dans l’obligation de se mettre au vert. On veut lui apprendre la vie, à ne pas se la raconter : un contrat est sur sa tête ! Son producteur lui propose alors d’accompagner, une semaine durant, son facho de père, Serge (Depardieu en excellente forme) dans son Tour de France. Un tour des ports français que le vieux bougon a promis de peindre à sa défunte épouse, comme Joseph Vernet l’avait fait en son temps pour Louis XV, au 18ème siècle.

Deuxième long-métrage de Rachid Djaïdani après Rengaine, présenté déjà à la Quinzaine des réalisateurs en 2012, Tour de France, road movie qui nous mène de Dieppe, La Rochelle à Sète en passant par Bordeaux et Marseille est une carte postale de l’actuel Hexagone. Carte postale quelque peu ombrageuse : entre les jeunes de banlieue rageux de se savoir pas intégrés dans la société et les vieux ronchons auto-estampillés « français de souche » qui pleurent leur condition d’ancien ouvrier spolié par la mondialisation la fracture est consommée.

Et pourtant Serge et Far’Hook vont trouver un terrain d’entente à force de passe d’armes, en forme de punchlines tout droit sortie d’un mauvais rap ou d’un édito de Valeurs Actuelles et surtout d’une bonne dose de sentimentalisme un peu téléphoné.

Si le public rit tout au long du film, le malaise est pourtant bel et bien présent. Oui c’est ça la France aujourd’hui. Des camps qui s’opposent, qui s’invectivent sans cesse, qui peinent à cohabiter ensemble. Tour de France l’expose parfaitement et ce soir même dans la salle de projection, un spectateur derrière moi ne cessait d’acquiescer aux propos fachos du personnage joué par Depardieu. Il sera un des seuls à ne pas rire, à ne pas applaudir à la fin. Malaise !

Un brin facile (naïf dirons-nous, ce qui est loin d’être péjoratif) dans son dénuement « tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil … », Tour de France trouvera très certainement son public en novembre prochain. Et la scène où Gérard Depardieu revisite La Marseillaise en free-style, y insufflant des « suce mon zob et nique ta mère » deviendra certainement culte.

Tour de France, de Rachid Djaïdani, avec Gérard Depardieu, Sadek, Louise Grinberg, Nicolas Marétheu, Mabô Kouyaté, France, 1h35, Sortie le 23 novembre 2016.
Visuel photo officielle


LAISSEZ UN COMMENTAIRE VIA FACEBOOK:

comments

Laissez un commentaire: