La Proie, un excellent polar français transfiguré par Albert Dupontel

2 mars 2011 Par
Yaël Hirsch
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Après « Une Affaire d’Etat » (2009), Eric Vallette signe et persiste dans la veine du bon thriller avec La Proie. Un film parfaitement ficelé servi par un casting exceptionnel  : Albert Dupontel, Alice Taglioni, Stéphane Débac, Natacha Régnier, Sergi Lopez, et Caterina Murino. Sortie le 13 avril 2011.

Franck Adrien (Albert Dupontel) est condamné pour braquage. Il a caché le butin de 2 millions d’euros et refuse de faire confiance à qui que ce soit, même sa femme (Caterina Murino), pour dévoiler la cachette. Son compagnon de cellule est un fluet catholique fervent, apparemment accusé injustement d’avoir voulu toucher une mineure; il s’appelle Jean-Louis Maurel (Stéphane Débac). Franck le protège contre les caïds de la prison qui veulent le massacrer. Reconnu innocent, le cothurne reconnaissant offre à Franck son aide. Mis au pied du mur, celui-ci est obligé de se reposer sur lMaurel pour mettre sa femme et son argent à l’abri des représailles. Mais un flic (Sergi Lopez) vient prévenir Franck au parloir que Maurel est bien plus pervers que la police ne le soupçonne. Angoissé pour sa famille, Franck s’échappe de prison, huit mois avant la fin de sa peine, et dans des conditions rocambolesques, afin de protéger les siens. Une talentueuse policière de la Brigade des Fugitifs (Alice Taglioni) est chargée d’arrêter Franck…

Avec une intrigue bien ficelée, des scènes d’action explosives, et des acteurs exceptionnels  – dont un Albert Dupontel charismatique, musclé et extraordinaire, une Alice Taglioni très touchante à contre-emploi, et une apparition de l’excellent Sergi Lopez en justicier cramé (aux sens propre et figuré) -, « La Proie » tient en haleine. Surtout, dans la veine des « Rivières Pourpres » de Kassovitz, le film instaure une ambiance inquiétante, à la limite du glauque, qu’en serial-killer pédophile, Stéphane Débac (décidément abonné au genre puisqu’il jouait le juge Bertrand dans un téléfilm sur l’affaire Villemin) sait instiller sans jamais sur-jouer. La photo est superbe, et l’esthétique de « La proie » transmue le petit polar français en film d’envergure.  Notons cepedant que parfois, certains black-out, ellipses ou envolées divines non nécessaires, font un peu trop sentir l’influence d’ « Un Prophète » et de la mystique de la violence propre au film d’Audiard sur la caméra d’Eric Vallette. A voir, le cœur bien accroché.

La Proie, d’Eric Vallette, avec Albert Dupontel, Alice Taglioni, Stéphane Débac, Natacha Régnier, Sergi Lopez, et Caterina Murino, France, 1h42. Sortie le 13 avril 2011.,

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