« Le Météore de la Nuit » et « Les Survivants de l’Infini »: Sorties vidéo de deux pépites de la S-F

25 juillet 2016 Par Gregory Marouze | 0 commentaires

Il est du devoir de Toute La Culture de vous informer des sorties Blu-Ray et DVD de deux classiques de la science-fiction: Le Météore de la Nuit de Jack Arnold et Les Survivants de l’Infini de Joseph M. Newman. Ces grandes séries B ont incontestablement ouvert la voie au cinéma de science-fiction adulte. Retour dans la S-F des fifties: une époque où l’on réalisait l’équivalent de Independance Day 2 : Resurgence, mais en faisant de l’excellent cinéma et sans avoir recours au budget stratosphérique de 200 millions de $ !

Note de la rédaction :

 

 

Dans les fifties, le fantastique, l’horreur et la science-fiction sont considérés comme des genres mineurs. La plupart des œuvres produites le sont avec des budgets qui frisent l’indécence. Il n’empêche : ces films sont efficaces, disent des choses de la société US, prennent comme couverture le cinéma de genre pour délivrer des discours politiques. Les extra-terrestres remplacent les communistes, les films évoquent la peur du rouge ou du nucléaire.

Ces séries B qu’on adore, devenues des classiques, sont tout de même pour la plupart, quasi des films de propagande. C’est le cas de Les soucoupes volantes attaquent, et de quelques autres. Hollywood saura s’en souvenir cinquante ans plus tard en produisant des bandes de science-fiction franchement réactionnaires. L’étranger (« l’Alien ») étant toujours considéré comme une menace. Il suffit de se remémorer le premier Independance Day de Roland Emmerich pour comprendre de quoi l’on veut parler.

Il y a cependant des contre-exemples comme Le Jour où la Terre s’arrêta de Robert Wise ou ce Météore la Nuit, qui nous intéresse tout particulièrement. Tourné en 1953 par le pape de la Série B* Jack Arnold (L’Etrange Créature du Lac Noir, L’Homme qui rétrécit, …), Le Météore de la Nuit est l’adaptation d’un roman de Ray Bradbury.

On y découvre un astronome amateur qui tente de convaincre son entourage que les extra-terrestres ont débarqué dans son petit village d’Arizona. Le film d’Arnold est passionnant car il ne présente pas d’extra-terrestres belliqueux. C’est une ode à la tolérance. De plus, alors qu’il bénéficie d’un budget qu’on devine modeste, Le Météore de la Nuit conserve plus de soixante ans après sa réalisation une grande efficacité. Les effets spéciaux ont vieilli, évidemment. Pas la beauté de la mise en scène de Arnold, sa gestion du hors champ, son noir et blanc sublime.

Les Survivants de l’Infini de Joseph M. Newman est réalisé deux ans plus tard, en 1955. Produit comme Le Météore de la Nuit par la Universal, on dit que plusieurs de ses séquences furent supervisées par Jack Arnold en personne. Voilà un œuvre majeure car elle préfigure de plusieurs années le space-opéra qui fait les délices de tout amateur de science-fiction qui se respecte.
Réalisé pour un budget bien supérieur au Météore de la Nuit, Les Survivants de l’Infini présente le professeur Charles Mecham qui se voit embarquer dans la guerre que livre le professeur Exeter, extra-terrestre de la planète Métaluna, contre les Zagons.

this-island-earth-crop-1Tourné dans un Technicolor flamboyant (auquel le Blu-Ray rend justice), Les Survivants de l’Infini est une œuvre ambitieuse. Ses décors sont inventifs, ses effets spéciaux nombreux. On découvre des matte paintings (peintures sur verre) de toute beauté représentant des décors dantesques de planètes et ciels ombrageux. Certes, les effets spéciaux ont progressé depuis 1955, mais le film de Newman frappe par la force de sa mise en scène et son absence totale de cynisme (qu’on retrouve hélas de nos jours dans certains films de genre). Du coup, l’apparition du monstre au gros cerveau – devenu personnage culte du cinéma – émeut plus qu’elle ne fait sourire.

Du coté des bonus, les galettes du Météore la Nuit et des Survivants de l’Infini bénéficient des éclairages du spécialiste du cinéma de genre, Christophe Lemaire. Et présentent les films-annonces originaux de ces deux classiques. On regrette juste que le Blu-Ray du Météore de la Nuit ne propose pas la version 3D du film, qui fut tourné avec ce procédé. Un oubli fâcheux.

On remercie cependant Elephant Films d’éditer ces deux pépites qui rappelleront de grands souvenirs aux cinéphiles et émerveilleront les jeunes amateurs de S-F. Ils découvriront ainsi les ancêtres des blockbusters d’aujourd’hui.

Grégory Marouzé.

* Série B ne signifie pas que le film est de moins bonne qualité qu’un autre, comme on le pense souvent. C’est un terme qui désigne les films qui étaient généralement diffusés en compléments de programmes dans les cinémas.


Visuels: © Universal/Elephant Films


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