[Critique] DVD « Nous trois ou rien » Premier film coup-de-coeur de Kheiron

15 mars 2016 Par Gilles Herail | 1 commentaire

Nous Trois ou Rien séduit par la qualité de son écriture, très personnelle, et son casting de seconds rôles qui s’en donnent à cœur joie (Zabou, Gérard Darmon, Alexandre Astier). Le premier film de Kheiron retrace avec beaucoup d’humour l’incroyable parcours de ses parents, de la révolution iranienne aux débuts de la politique de la ville dans les banlieues françaises. Un véritable coup-de-cœur, profondément attachant y compris dans ses maladresses, sorti en DVD chez Gaumont. (Voir notre critique du film à sa sortie en salles)

Note de la rédaction :

Synopsis officiel : d’un petit village du sud de l’Iran aux cités parisiennes, Kheiron nous raconte le destin hors du commun de ses parents Hibat et Fereshteh, éternels optimistes, dans une comédie aux airs de conte universel qui évoque l’amour familial, le don de soi et surtout l’idéal d’un vivre-ensemble.

Marjane Satrapi avait réussi un coup de maître avec son film d’animation autobiographique plein d’humour, qui retraçait son parcours de l’Iran vers la France en passant par l’Autriche. Nous trois ou rien rappelle immanquablement Persépolis, dont on retrouve la même tonalité ludique et une ambition partagée de raconter l’Histoire différemment. Kheiron a souhaité rendre hommage au destin exceptionnel de ses parents (qu’il incarne avec la toujours parfaite Leila Bekhti), de l’Iran vers la France, de la révolution de 1979 aux quartiers prioritaires franciliens. A travers un récit très ambitieux qui court sur plusieurs dizaines d’années et nous replonge au cœur des temps forts de la fin du 20ème siècle. L’ambition pédagogique n’est jamais maladroite, allégée en permanence par un ton très personnel de comédie et une science du décalage qui s’immisce y compris dans les séquences les plus difficiles. Kheiron s’inspire de l’univers du cartoon pour ré-inventer des personnages historiques comme le Shah, interprété par un Alexandre Astier en très grande forme. Et le script regorge d’idées de mise-en-scène qui dynamisent le récit, sur le modèle des comédies de Michel Lerclerc (cette belle idée de représenter la barrière de la langue en faisant parler les français en charabia).

Nous trois ou rien aurait peut être mérité d’être divisé en deux segments car la rupture de ton entre la partie iranienne et française nous laisse un peu sur notre faim. Kheiron se veut plus touchant pour raconter l’intégration de ses parents en France, parfois au détriment de l’humour ravageur de la première partie. Le propos reste pourtant passionnant, revisitant la naissance de la politique de la ville en France. Au moment où l’état d’abandon des quartiers populaires HLM périphériques attire l’attention des médias où le mouvement associatif  tente de s’organiser comme il le peut pour limiter la casse. Les deux réfugiés politiques iraniens vont s’investir corps et âme pour faire revivre le quartier qui les a accueilli, reconstruire le dialogue entre les jeunes et la police, s’investir pour faire bouger les choses. Dans une deuxième partie qui célèbre avec sincérité la possibilité du lien social en banlieue. Kheiron a réussi un premier film profondément attachant, justement récompensé par une nomination aux Césars 2016. Nous trois ou rien est porté par son enthousiasme qui nous fait oublier les aspects mélo moins réussis. L’un des coups de coeur de l’année dernière.

Gilles Hérail

Nous trois ou rien, une comédie française de Kheiron avec Gérard Darmon, Zabou Breitman et Leila Bekhti, durée 1h42, sortie en DVD chez Gaumont le 9 mars 2016

Visuels : ©  affiche et bande-annonce officielles du film


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