[Cannes, Un certain regard] « Comancheria », western moderne qui emporte ou qui agace

17 mai 2016 Par Geoffrey Nabavian | 0 commentaires

Ben Foster et Chris Pine attaquent des banques pour une bonne cause, et Jeff Bridges les poursuit. On pourra goûter la virtuosité de ce nouveau film de David Mackenzie, ou trouver que tout y est trop souligné.

Note de la rédaction :

8E9A2360.CR2Deux hommes patauds, absolument pas motivés par de mauvaises raisons, cambriolent une toute petite agence bancaire. Quelques plans plus tard, un vieux ranger joué par Jeff Bridges, dans la tradition du personnage du flic vieillissant, prend l’affaire en main. La traque est ouverte. Et le scénario de Taylor Sheridan (Sicario) lance à toute vitesse policiers, et truands malgré eux, dans une suite de scènes d’action entrecoupées de pauses dialoguées écrites comme dans les romans.

Évidemment, David Mackenzie (Perfect Sense, My name is Hallam Foe) filme très bien, et construit une oeuvre cohérente qui brasse plusieurs thématiques, avec des touches d’humour : ainsi, dans ce Sud américain, les banques sont-elles par exemple des ennemies, pour l’homme ordinaire. Et les familles de se replier sur leurs instincts primaires, car elles ne savent plus où donner de la tête. Mais on peut trouver la structure de Comancheria répétitive, ou le style des dialogues et le jeu de Jeff Bridges artificiels. Parfois, un caractère explicatif semble s’installer, et prendre le pas sur le naturel ou le talent… Cela viendrait-il de l’aspect crépusculaire de l’histoire, revendiqué par les auteurs ? Les dialogues peuvent paraître édifiants, ampoulés… Bref, certains seront totalement entraînés, tandis que d’autres finiront par s’ennuyer.

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Visuel : © Wild Bunch


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