Cannes, Compétition : Une Lune de Jupiter foisonnante et ratée pour Kornél Mundruczó

19 mai 2017 Par
Yaël Hirsch
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Fidèles à son théâtre et emballés par son précédent film, White God qui a triomphé dans la section Un Certain Regard en 2014 (lire notre article), nous espérions beaucoup de Kornél Mundruczó et de son Jupiter’s Moon. Sur un sujet très ambitieux, le film trop brouillon fait fausse route et noie un sujet vraiment puissant.

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Alors qu’il tente de passer vers la Serbie avec son père et un groupe de réfugiés, le jeune syrien Aryan (Jeger Szomber) est mitraillé par la police hongroise. Il ne meurt pas malgré la gravité de ses blessures et se rend compte qu’il est capable d’entrer en lévitation. De garde à la frontière, le très corrompu médecin Stern (Merab Ninidze) est témoin de ce don. Mieux que de prendre le miraculé pour un ange, il décide de mettre à profit son talent pour se faire beaucoup d’argent. Mais le chef de la police (György Cserhalm) poursuit avec détermination le clandestin et son nouveau maître…

Débutant par une scène hallucinée de fin du monde, Jupiter’s Moon ne fait que s’enfoncer depuis ce point d’Archimède. Malgré et avec une esthétique très travaillée qui culmine dans les séances vertigineuses et zombies de lévitation, les personnages caricaturaux (le méchant policier hargneux, le candide migrant qui apprend vite, le Hongrois de base qui se répand gratuitement en injures sur les Roms…) et l’obsession de pointer vers une corruption obnubilante épuisent. Surtout, le traitement brouillon du film et son caractère répétitif (fuite / miracle / fuite / miracle) arrivent à vider un sujet puissant (le sort d’un migrant dans la Hongrie de Viktor Orban) apparemment traité de manière originale (forme léchée de Mundruczó, insertion fantastique) en objet visuel vaseux bien trop identifié. On repense au merveilleux Autre coté de l’espoir de Aki Kaurismaki et on en appelle à un peu plus d’humanité. Jupiter’s Moon est la première déception de la compétition

Jupiter’s Moon, de Kornel Mundruczo, Hongrie, 2017, 2:03, avec Zsombor Jeger, Merab Ninidze, Moni Balzai et György Cserhalmi. En compétition.

visuel : photo officielle


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