Le Redoutable, Godard rétro et pop par Michel Hazanavicius [Cannes, compétition]

21 mai 2017 Par
Yaël Hirsch
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Après un détour par le film de guerre avec The Search, présenté en compétition officielle en 2015, Michel Hazanavicius, le réalisateur des OSS et de The Artist, revient à son goût du vintage. Série de saynètes inspirées du livre d’Anne Wiazemsky, Le Redoutable fait revivre les sons, les couleurs et l’esprit de la fin des années 1960 à travers un Godard de 35 ans qui se trouve déboussolé et périmé par le mouvement étudiant.

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Paris 1967. Le célèbre réalisateur Jean-Luc Godard tourne La Chinoise avec sa toute jeune femme Anne Wiazemsky, qui est la petite-fille du grand Malraux. Lorsque mai 1968 arrive, Godard entre en crise : la Révolution qu’il attend est là et il compte y prendre part. Mais les étudiants sont ambivalents à son égard et à 35 ans il se sent vieux, rejeté et démuni. Le jeune et brillant cinéaste se transforme en schnock manichéen et en époux de vaudeville.

Biopic intelligemment condensé sur un an, Le Redoutable livre sous forme de saynètes très léchées et très « pop » un portrait absolument assassin de Godard. Bien plus crédible qu’on pouvait le penser, Louis Garrel, dégarni, prononce les slogans de JLG avec une patate chaude dans la bouche tandis que Stacy Martin passe la moitié du film nue. Certaines blagues et mises en abyme font sourire, l’on retrouve le goût et les sensations d’une époque. Mais ce film, très pop et vintage jusqu’à la poussière, use et abuse de répétitions, d’une didactique de plomb et de plans interminables, qui découragent toute envie de se replonger dans mai 68. On s’ennuie beaucoup, entre deux sourires.

Le Redoutable, de Michel Hazanavicius, Avec Louis Garrel, Stacy Martin, Bérénice Bejo, France, 2017, 1h47. En compétition.