[Cannes 2016, Quinzaine] « Two Lovers and a Bear », love-trip glacial au Canada

19 mai 2016 Par Hugo Saadi | 1 commentaire

Kim Nguyen, le réalisateur de Rebelle revient avec Two Lovers and a Bear, un film sur le pouvoir de l’amour dans les belles étendues enneigées du Canada. Un film au titre amusant qui reflète bien l’identité première du métrage : drôle, beau et surprenant. 

Note de la rédaction :

Du premier au dernier plan de Two Lovers and a Bear, les étendues enneigées du Québec dominent les personnages, ils ne sont rien face au froid polaire qui a toujours le dernier mot. C’est d’ailleurs l’un des personnages qui le dit : « ici, on se perd, on meurt ». Nguyen ne cherche pas à montrer la quiétude de ces grands espaces, au contraire, il balance du son rock dans nos oreilles et fait vrombir les moteurs des motos neiges. Les deux amants sont en proie au doute lorsque Lucy a l’opportunité de faire des études de biologie, ce qui signifierait aller en ville et demander à Roman de le suivre. L’opposition devient musclée et l’unique solution qui se présente à eux : la fuite. Les voilà donc partis dans un road-trip dangereux, affrontant le blizzard et la solitude, mais partageant aussi des moments intimes particuliers : du sexe dans une ancienne base militaire abandonnée à la partie de pêche en passant par des courses à moto neige.

Ce voyage prend très vite des airs d’exutoire psychologique. Pour Lucy, le fantôme de son père hante son esprit depuis les viols répétés dans son enfance, quant à Roman, il souhaite se prouver à lui-même qu’il est capable d’aimer… Deux âmes tourmentées qui font donc face à leur démon. Même si la fin est glaçante, elle reste cliché et lourdingue mais la tension qui s’accumule durant les 30 dernières minutes efface ce sentiment, notamment avec ce dernier plan iconique. Tendu, froid, surprenant et émouvant, le film de Nguyen l’est sur tous les points. Il revient également sur le rapport aux inuits et la survie des premiers hommes. On en oubliera pas non plus de mentionner le côté fantastique du film, avec cet ours qui dialogue avec le personnage principal… Oui oui. Et que dire de cette nature dangereuse à couper le souffle que le réalisateur magnifie. En somme, une belle randonnée un poil mièvre.

Visuels © Max Films Media

« Two Lovers and a Bear », un film de Kim Nguyen avec Dane Dehaan, Tatiana Maslany, drame québécois, 1h36, prochainement au cinéma.


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