[Cannes 2016, Quinzaine] « Mercenaire », une belle odyssée humaine dans le monde du rugby

19 mai 2016 Par Hugo Saadi | 0 commentaires

Pour son premier film Sacha Wolff nous emmène avec passion dans les vestiaires du rugby avec Mercenaire et met en lumière les rouages des transferts de joueurs en provenance de Nouvelle-Calédonie et Wallis et Futuna et leurs états d’âmes à quitter leur famille.

Note de la rédaction :

Mercenaire est une vraie épopée dans son traitement, Le réalisateur français a effectué un long travail de recherche pour décrypter et retracer les premiers pas sur le sol français des joueurs de rugby d’outre-mer. Avec un fort caractère documentaire, il arrive à nous emmener dans l’intimité des joueurs comme avec cette première scène de cérémonie d’adieu où le père rejette le départ de son fils, mort à ses yeux. La difficulté pour ces jeunes joueurs qui laissent tout derrière eux n’est pas édulcorée. Dès l’instant où ces joueurs quittent le sol océanien, ils deviennent des étrangers en France, mais aussi dans leurs terres. Il pointe également le doigt sur le fait que les agents des joueurs peuvent très vite prendre l’apparence de « marchand de bétail » tandis que les joueurs qui viennent pour l’argent s’apparente à des mercenaires. Outre le côté financier, il passe également en revue le dopage et les rivalités au sein des équipes.

En nous emmenant aux premières loges des matchs de rugby ainsi que dans les vestiaires, Sacha Wolff séduit et nous transporte sur le terrain. Il éclaire une facette méconnaissable de ce sport. Les acteurs non professionnels tirent le film par le haut. Ils jouent leur propres rôle donnant au film une dimension réaliste supplémentaire. Que dire de la scène de Haka dans les vestiaires, si ce n’est qu’elle donne la chaire de poule. Enfin, pour réaliser un tour d’horizon complet, le français ne se contente pas de dévoiler l’intérieur de ce sport, il en dessine également les pourtours, à savoir les beuveries, les femmes qui vont de joueurs en joueurs et les jalousies au sein du groupe. Quant à Toki Piloko, sa sincérité de jeu se ressent pleinement, son côté naïf et innocent le transforme un gros nounours. Mais Mercenaire montre sa transformation en un grizzly qui se lève enfin face à son père. Car l’élément de l’intrigue sous-jacent, c’est bel et bien la relation père fils et l’opposition entre les deux. C’est la thématique même qui est dans les paroles du Haka : savoir se lever pour affronter et aller de l’avant. Une belle leçon de vie.

Visuels © Ad Vitam

« Mercenaire », un film de Sacha Wolff, avec Toki Piloko, Iliana Zabeth, drame français, 1h52, prochainement au cinéma.


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