Cannes 2016, Compétition : « Mademoiselle », de Park Chan-Wook

14 mai 2016 Par Yaël | 0 commentaires

A nouveau en compétition officielle à Cannes, le réalisateur Coréen Park Chan-Wook propose une adaptation coréenne et en costumes lèches du roman de Sarah Waters, Du boit des doigts. Manipulation, sexe et cruauté, sont au programme de ce thriller qui se joue des genres.

Note de la rédaction :

Dans les années 1930 en Corée, un jeune femme entre au service de la belle et neurasthénique Mademoiselle. Vivant d’absolu dans la grande maison remplie de livres de son oncle veuf, elle a auprès d’elle un soupirant qui semble de qualité ; bilingue en  japonais, cultivé et comte. La bonne se rend vite compte que le comte veut épouser Mademoiselle pour son argent et qu’il ment. Illettrée, elle entre dans un monde étonnant où elle oscille entre vénalité et amour pour sa belle maîtresse. Qui sera le plus pervers et manipulateur des quatre personnages ?

Proche des intrigues des romans érotiques de la fin de l’ère Meiji qu’elle met en scène, l’action du film fait penser à un livre sulfureux de Tanizaki. Possessions, demi viols, boules de geisha, lectures salaces et costumes en soie sont autant de rebondissements charnels et appétissants entre deux expéditions de cruauté ou de torture. Le tout avance en trois parties comme une pièce de théâtre qui dévoilerait ses rouages. Le film est porté par la caméra virtuose de Park Chan Woo qui surplombe et entoure lascivement les corps de ses intrigants personnages pour mieux nous faire sentir presqu’en 3D le jeu subtil de leurs sens. Le résultat est aussi graphique et explicite que sublimement surexposé. Un film en coréen et en japonais qui parle aussi, l’air de rien, de classes sociales et de domination culturelle  en se jouant des frontières entre les sexes et les genres. Jouissif si l’on s’arme d’un peu de goût pour le kitsch et de patience.

Mademoiselle, de Park Chan-Wook, Corée 2015, 2:30. En compétition. Distribution The Jokers.

Visuel : photo officielle

 

 


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