[BERLINALE] THE DINNER : tous les ingrédients d’un bon film, cependant indigeste

17 février 2017 Par
Samuel Petit
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Ce troisième film d’Oren Moverman nous afflige les mêmes tourments que le service du restaurant gastronomique où deux couples se sont retrouvés pour dîner : le député Stan Lohman (Richard Gere) au terme d’une campagne électorale décisive, accompagné de sa jeune épouse Katelyn (Rebecca Hall), y a convié  son frère Paul (Steve Coogan) et sa femme Claire (Laura Linney), au grand damne de ce dernier. Au menu, une discussion familiale qui doit permettre non seulement de partager une vérité et mais surtout de prendre une décision.

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Une critique de Laurence Sarfati

 

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Starter
La profession de foi de Paul, enseignant au lycée, au cours de laquelle ce dernier nous livre toute sa haine de la société américaine et en particulier de son élite à laquelle son frère appartient est au final très convenue, superficielle est confuse. Ainsi, il assène tout au long du film des monologues pompeux et alambiqués sur l’Histoire, ponctués de poussées de rage et de négation de son racisme latent. Contraste avec lui sa sage et raisonnable épouse Claire, image d’Épinal de la femme au foyer américaine, qui s’emploie par des propos apaisants à calmer ses vagues successives de fureur et d’agitation.

Intercourse
Trois adolescents ivres, au sortir d’une soirée. Deux parmi eux commettent l’impensable.

Main course
On tarde à rentrer dans le cœur du sujet ; des bavardages dont les traits d’humour acides de Paul sont les seuls reliefs. Tant bien Le rythme du dîner que du film peine à prendre, sans cesse interrompu par les appels professionnels incessants auxquels de le Sénateur doit répondre sur le champ. Pour finir, le tout s’enlise dans des discussions orageuses et oiseuses à deux, à trois, parfois à quatre.
Et des explications, toujours ces explications : celles de Paul, celles de son frère, et les surtout innombrables flashbacks qui achèvent de gâcher le potentiel du film en lui ôtant ainsi son caractère initial de huit-clos et qui, à l’image du maître d’hôtel qui se sent obliger de décrire par le menu la composition et la recette de chaque plat, nous privent du plaisir d’une découverte personnelle de l’œuvre qui nous est servie.

Desert
Les protagonistes ne parviennent même plus à manger, enfin une bonne surprise pour les spectateurs ! Si la folie de Paul et l’ambition de Katelyn étaient rapidement palpables, les comportement positions de Stan et en particulier de Claire ne l’étaient pas. Aveuglée par l’amour maternel, elle va montrer un autre visage, une force et prendre dans son couple et dans la discussion une position tout à fait inconcevable.

Intoxication
Trop didactique, trop long, trop convenu, The Dinner se paie même le luxe de finir abruptement, en queue de poisson !