[Critique] Un « American Hero » pas très glorieux en clôture de Gérardmer

2 février 2016 Par admin | 0 commentaires

C’est à Nick Love (« The Firm ») qu’échouait cette année de clore la 23eme édition du Festival du film fantastique de Gerardmer avec son « American Hero ». Outre le fait que le film a fait débat parmi les spectateurs qui n’en sont plus à un débat près lors de cette édition, le réalisateur britannique n’est pas au nombre des icônes du genre. Et pourtant, s’il n’échappe pas à quelques critiques, le film n’en présente pas moins quelques pistes séduisantes mais qu’on aurait aimer voir suivies plutôt qu’effleurées.

Présenté en clôture de cette édition, le nouvel opus de Nick Love est une mine de richesses malheureusement inexploitées. La désagréable impression d’un film inabouti, réalisé et monté à la va-vite pour répondre à une demande, pression « amicale », de producteurs est patente.

Melvin, looser dehors
Melvin vit à la Nouvelle-Orléans post-Katrina. Melvin aime boire. Melvin aime les substances illicites en mode festif, qu’elles se gobent ou se sniffent. Melvin aime les jeunes filles, si possible à la plastique avantageuse. Melvin vit encore chez sa maman à qui il fait des câlins de temps à autre. Melvin n’a pas de boulot mais il a des amis. Mais Melvin n’a pas 18 ans, il a dépassé la quarantaine. Melvin a néanmoins quelques qualités, il est mélomane, pianiste, physiquement plutôt charmant et quand il le peut il aide son prochain mais pas toujours avec de très honnêtes motivations. Melvin aimerait aussi voir un peu plus souvent son fils qu’une décision de justice a confié à son ex-femme sans possibilité pour lui de l’approcher.

Super-héros dedans
Mais Melvin a des super-pouvoirs. Melvin, par la pensée et à l’aide de quelques petits mouvements de mains ou des bras, peut déplacer une voiture et l’envoyer valser à plusieurs dizaines de mètres sans même l’approcher. Les pouvoirs en matière de télékinésie de Melvin sont impressionnants. Les effets spéciaux utilisés dans le film sont d’ailleurs impressionnants de précision et de réalité même s’ils ne constituent pas une révolution technique en la matière. Mais on regrette parfois de ne pas en voir un peu plus. Dans ce registre « fantastique », la frustration est de mise…

Errements techniques
Nick Love nous délivre ici une tranche de vie d’une nouvelle mouture d’un héros pas comme les autres puisqu’il est justement comme les autres. Filmée sous la forme d’un documentaire avec des adresses caméra et des portées parfois en mode Parkinson dignes d’une mauvaise émission de reportages du dimanche soir, le propos ne fait pas mouche.

Et cinématographiques
Après plusieurs longues dizaines de minutes de mise en place, l’histoire prend forme mais sans fracas. Les « révélations » qui amèneront à la rédemption de Melvin tournent court. De sur place Melvin reste sur place. Malgré nombre d’idées intéressantes suggérées, on ne s’attache guère à ce personnage qui n’évolue pas. On déplore d’apercevoir de-ci delà quelques préliminaires de pistes qu’on envisage jubilatoires mais qui s’enfuient hélas avec la même facilité que celle déployée par Melvin pour interrompre dans sa course toutes balles de quelque calibre que ce soit.
Les dealers sont méchants. Melvin a peur pour son fils qui traîne près de leur QG. Melvin s’en prend à eux, le paie et se vengera. Manichéisme un jour… Puis viendra l’épilogue palme toute catégorie du dégoulinant sauce US qui se paie le luxe d’être en totale déconnexion avec les scènes précédentes. Nick Love ne s’est pas montré à la hauteur de nos attentes.

Sylvain Lefevre

visuel: photo officielle du film


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