Wes Craven: Reprise de « The Serpent and The Rainbow » et hommage à la Cinémathèque française

28 juin 2016 Par admin | 0 commentaires

Wes Craven n’est pas que le papa du croquemitaine Freddy Krueger et de la série Scream. Il est aussi le réalisateur de La Dernière Maison sur la Gauche, La Colline a des Yeux première mouture ou du subversif Le Sous-Sol de la Peur . A l’heure où La Cinémathèque française rend hommage à Craven avec une rétrospective, son méconnu The Serpent and The Rainbow  ressort enfin en salles.

Note de la rédaction :

Mort le 30 août 2015 d’une tumeur cérébrale, Wes Craven laisse derrière lui une œuvre passionnante. Cependant, le réalisateur des Griffes de la Nuit ne semble pas avoir auprès des aficionados du genre fantastique l’aura de cinéastes comme John Carpenter, George A. Romero ou Dario Argento.
Peut-être est-ce la faute à ses slashers pour rire « Scream », que certains fans de cinéma d’épouvante ont considéré comme une trahison. On a reproché à Craven d’avoir accéléré la chute d’un cinéma d’horreur traité au 1er degré. Ce n’est pas totalement faux et le débat mérite d’être ouvert.
Pourtant, il suffit de revoir La Dernière Maison sur la Gauche, film miroir d’une Amérique terrifiante, réalisé en 1972 en pleine guerre du Vietnam (deux ans avant le  Massacre à la Tronçonneuse de Tobe Hooper) ou The Serpent and The Rainbow, pour se convaincre de l’importance de Wes Craven dans l’histoire du cinéma US.
Le distributeur Capricci a justement la bonne idée de reprendre en salles « The Serpent and The Rainbow ». Un film mal aimé, au succès public « néantisé » lors de sa sortie en 1988.
Sans doute n’avait-on pas compris à l’époque cette œuvre profondément noire et désenchantée que Wes Craven réalisait quatre ans après le succès des Griffes de la Nuit.
Certes, le premier volet des « aventures » de Freddy Krueger ne lésinait pas en séquences horrifiques. Certes, on pouvait y déceler une dimension politique (le titre original, Nightmare on Elm Street, fait référence à la rue dans laquelle fut abattu le Président Kennedy à Dallas en 1963). Mais on y trouvait déjà une dimension humoristique qui annonçait clairement « Scream » et ses suites.
Vous ne trouverez aucune trace d’humour dans The Serpent and The Rainbow. Porté par l’interprétation de Bill Pullman, le film nous plonge en 1985 en Haïti sous la dictature de Jean-Claude Duvalier alias « Bébé Doc ».
Si Craven signe un vrai film d’horreur contenant son lot de scènes terrifiantes (personnages « zombifiés », héros enterré vivant en compagnie d’une araignée, hallucinations éprouvantes), ces passages chocs de The Serpent and The Rainbow sont à l’image du cauchemar que vit un peuple oppressé. A l’image d’un pays au bord de la guerre civile.
Inspiré d’une histoire vraie (et du livre de l’ethnobotaniste Wade Davis), The Serpent and the Rainbow atteint une véritable dimension documentaire. On sent durant toute la durée du métrage l’important travail de recherches effectué par Craven et ses scénaristes.
Si on pense forcément au Vaudou (1943) de Jacques Tourneur en regardant The Serpent and the Rainbow, cette œuvre injustement méconnue n’en demeure pas moins l’une les plus fortes produites par le cinéma US de la fin des années 80.
Si on ajoute à cette reprise estivale, la rétrospective (et les conférences) que la Cinémathèque française consacre à Wes Craven du 29 juin au 31 juillet, on peut sans peine affirmer que vous allez connaître en 2016 un rafraîchissant été de la peur*.

Rétrospective Wes Craven – Bande-annonce from La Cinémathèque française on Vimeo.

* « L’Été de la Peur » titre français du téléfilm « Stranger in Our House » réalisé par Wes Craven en 1978

« The Serpent and the Rainbow » (« L’Emprise des Ténèbres » – 1987) de Wes Craven. Interdit aux moins de 12 ans. Durée : 1h38. Sortie le 29 juin 2016.
Affiche, film-annonce, photos « The Serpent and the Rainbow » © Capricci Films
Film-annonce Rétrospective Wes Craven © La Cinémathèque française et tous droits réservés.


Gregory Marouzé.


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