Reprise: « Macadam Cowboy » le chef-d’oeuvre de John Schlesinger avec Jon Voight et Dustin Hoffman

12 septembre 2016 Par Gregory Marouze | 0 commentaires

Toute La Culture se penche cette semaine sur une reprise incontournable : Macadam Cowboy ! Premier film américain d’un grand cinéaste anglais, classé X (strictement interdit aux moins de 17 ans) aux Etats-Unis lors de sa sortie en 1969, porté par les interprétations éblouissantes de John Voight et Dustin Hoffman, Macadam Cowboy est typiquement LE FILM impossible à produire dans le système hollywoodien actuel.  Retour sur un chef-d’œuvre !

Note de la rédaction :

En 2012, Yaël a consacré un article à trois films de John Schlesinger appartenant à la période anglaise et Free Cinema du cinéaste. Il est logique aujourd’hui que nous abordions Macadam Cowboy – dont le titre v.o. est tout aussi évocateur: Midnight Cowboy -: le premier film américain du cinéaste, produit par le studio United Artists (qui boira la tasse en 1980 avec le chef-d’œuvre maudit de Cimino, La Porte du Paradis).

Si Macadam Cowboy est produit par une Major, Schlesinger ne perd pour autant rien de sa créativité, liberté, causticité en adaptant le livre de James Leo Herlihy. Il faut déjà évoquer le sujet du film : Macadam Cowboy, c’est tout de même l’histoire d’un plouc du Texas qui monte à New-York faire le gigolo et qui croise sur sa route un boiteux tuberculeux. Ambiance.

On laisse à John Schlesinger toutes libertés (on n’organise aucune sneak preview * du film, contrairement à aujourd’hui). Après tout, les producteurs connaissent le cinéma de Schlesinger.

Du fait, Macadam Cowboy commence fort : le premier plan du film fait entendre une bande-son de western alors qu’un zoom arrière s’éloigne de l’écran de cinéma d’un drive-in. John Schlesinger annonce la couleur et semble dire: « Je vais vous sortir du mythe du Far West, du Western, du rêve américain ! Macadam Cowboy ne va pas vous caresser dans le sens du poil ! »

Et c’est parti pour 1h53 d’un cinéma tant en avance sur son temps qu’il n’a quasi pas pris une ride (on ne s’habille plus vraiment comme cela aujourd’hui, mais on s’en fiche royalement).

L’une des grandes forces de Macadam Cowboy, c’est évidemment ses interprètes. On découvre à l’époque un jeune gars qui fera une belle carrière : Jon Voight. Le futur papa de Angelina Jolie n’a que quelques films à son actif lorsqu’il est préféré à des stars plus confirmées comme Warren Beatty; mais beaucoup top identifiables par le public. Voight impose un mélange assez inédit de candeur, sex-appeal. Son personnage de Joe Buck amuse autant qu’il agace, attendri ou effraie.

Dustin Hoffman, quant à lui, est exceptionnel dans le rôle de Ratzo Rizzo: loser number one de de la Grosse Pomme. Hoffman qui sort à peine de Le Lauréat de Mike Nichols est méconnaissable. On a quitté un gamin propre sur lui pour découvrir un homme aux aboies, habitant un taudis dégueulasse et vivant d’arnaques minables. Ratzo Rizzo est le rôle qui restera de Hoffman avec ceux de Little Big Man(lire notre critique) et Le Lauréat !

Macadam Cowboy 1

L’association des deux acteurs est explosive ! En un sens Macadam Cowboy est le plus grand Buddy Movie de l’histoire du cinéma américain.

Le film est une histoire d’amitié bouleversante, d’une noirceur qui se déroule tout au long du récit. Jusqu’à une fin désespérée – que nous ne dévoilerons pas – et qui rendra hystérique tout amateur de happy end ! Aucun studio n’oserait produire un tel film aujourd’hui !

D’autant plus que Schlesinger (qui n’a jamais vraiment fait mystère de son homosexualité) y aborde la sexualité de manière crue, misérable, réaliste, sordide mais aussi joyeuse ou hilarante. Dans Macadam Cowboy le sexe est homo, hétéro, gratuit ou tarifé.

Schlesinger se permet même de montrer sous formes d’images mentales (et dans un noir et blanc crapoteux) le viol commis sur le personnage de Joe Buck. On imagine la tête des spectateurs lorsqu’ils ont découverts le film au moment de sa sortie !

Mais, une fois de plus, Macadam Cowboy est avant tout une histoire d’amitié, qui chavire le cœur et vous fait monter les larmes. Sans démagogie. Sans putasserie !

Macadam Cowboy recevra l’Oscar du meilleur film pour son producteur Jerome Hellman. John Schlesinger celui du meilleur réalisateur. L’Oscar de la meilleure adaptation sera décerné à Waldo Salt pour son travail sur le film.

Schlesinger – mort en 2003 – retrouvera Dustin Hoffman sept ans plus tard pour un autre futur classique du cinéma américain : Marathon Man (1976).

Courrez (re)voir Macadam Cowboy – qui sort pour la première fois au cinéma en copie numérique – au cinéma ! C’est également l’occasion de (ré)écouter la belle musique de John Barry et l’inoubliable chanson du regretté Harry Nilsson : Everydody’s Talkin. Pour Toute La Culture, un seul mot résume Macadam Cowboy: CHEF-D’OEUVRE  !

Grégory Marouzé

* Séance test sur un public qui ne connait pas le film qu’il va voir.

Macadam Cowboy de John Schlesinger

États-Unis – 1969 – 1h53 – Drame (Interdit aux moins de 12 ans) –

Sortie le 14 septembre 2016

Distribué par Mission Distribution

Macadam Cowboy est présenté en exclusivité à Paris au cinéma Le Champo 51 rue des Ecoles 75005 Paris | Métro : Odéon – Saint-Michel et dans d’autres salles en France.

Visuels: © United Artists / Mission Distribution


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