[Réédition] Redécouvrir le cinéma littéraire, historique et érotique de Walerian Borowczyk au Centre Pompidou et chez Carlotta

22 février 2017 Par
Yaël Hirsch
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En cet hiver 2017, le cinéaste polonais et penseur libre parisien Walerian Borowczyk est à l’honneur avec une rétrospective organisée par le Centre Pompidou du 24 février au 19 mars, où de nombreux proches et spécialistes du réalisateur mort en 2006 s’exprimeront et un coffret collector et exhaustif (8 dvd et 3 blue-rays) qui paraît avec deux livres inédits chez Carlotta. Une première rétrospective française qui est l’occasion de redécouvrir un cinéma à la fois expérimental et sexy, surréaliste mais aussi imprégné aussi bien de dessin que d’Histoire.

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L’ouverture de la rétrospective du Centre Pompidou se fera le 24 février 2017 avec Goto, l’île d’amour (1968), film à la fois surréaliste et politique, qui marque une transition importante dans le cinéma de Walerian Borowczyk venu de l’animation pataphysique (son long-métrage Le Théâtre de monsieur et madame Kabal s’inspire de Alfred Jarry) et l’accès à un certain succès critique. Dans Blanche (1971), « Boro » adapte un drame polonais du 18e siècle qui se penche sur l’Histoire et installe ses cadres comme des boîtes et sa musique moyenâgeuse très à la mode dans les années 1970 autour d’une femme que tous convoitent : son mari, le roi et le jeune fils du roi (interprété par Jacques Perrin).

Si l’ouverture des Contes immoraux (1974)est contemporaine avec une magistrale fellation opérée par une Paloma Picasso partante sur Fabrice Luchini sentencieux dans « La marée », l’intérêt pour l’Histoire et musique ancienne ne se dément pas dans cette série de fables érotiques et cruelles liés par une maxime de la Rochefoucauld « L’amour, tout agréable qu’il est, plaît encore plus par les manières dont il se montre que par lui-même ») qui met aussi en scène un tour d’Europe de femmes célèbres et lestes : la Thérèse Philosophe de Sade en onaniste martyre, Lucrèce Borgia et son milieu peu catholiques et les amours rustiques de l’héroïne littéraire Erzbet Bathory. Surréaliste en diable La Bête (1975) interroge des pulsions qui dérangent, tandis que Histoire d’un péché (1975) est une autre adaptation sexuelle, sensuelle et réussie. Enfin, Dr Jekyll et les femmes (1981) imagine la version disparue du roman culte de Stevenson pour interroger d’autres coulisses de chair et de mort.

Alors qu’au programme de la rétrospective au Centre Pompidou, 11 longs métrages et 26 courts, dans le cadre de cette rétrospective, le Centre, les éditions Carlotta et l’association des amis du réalisateurs ont collaboré à l’édition d’un coffret qui contient 7 longs métrages, 16 courts et 2 livres inédits: Camera oscura et Le dico de Boro. Les films sont souvent présentés par des cinéastes, critiques de cinéma ou des artistes anglais, comme Craigie Horsfield, Leslie Megahey ou Peter Bradshaw. Prix : 69 euros.

visuel : visuel de la rétrospective- contes immoraux (c) argos