[Réédition] « Love Streams », un des derniers chefs d’oeuvre de Cassavetes à nouveau en salles

6 mars 2017 Par
Yaël Hirsch
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Ours d’or à Berlin en 1984, Love Streams est l’un des derniers chefs d’oeuvre du maître de la tension psychologique. Long, fous, seveties, intense comme il se doit et tribut à la femme et actrice de la vie de John Cassavetes, Gena Rowlands, ce film est une histoire d’amour et de désordre. A revoir sur grand écran depuis le début du mois de février 2017.

Robert (Cassavetes lui-même) est un écrivain volage et un peu manipulateur qui habite une grande maison pleine de jolies (et jeunes) femmes. Alors que la paternité est un accident raté pour celui qui a choisi sciemment la débauche, l’arrivée de Sarah (Rowlands), une femme mâture fantasque et blessée par une séparation avec son mari et le rejet de sa fille, va bouleverser sa vie. Ils s’aiment, mais cela ne rédime, ni ne change rien à leur train de vie; cela a même tendance à les encourager (sous une pluie battante) dans leurs névroses…

Rencontre éternellement au sommet entre deux monstres sacrés vieillissants, Love Streams est un film fou, amoureux et à temps, terrible. Osé dans sa scène inaugurale où Cassavetes (qui a remplacé John Voigt au pied levé) apprend à de jeunes-femmes à se « vendre » aux hommes, impudique dans le portrait du visage sublime et décomposé de Gena Rowlands, Love Streams a vieilli mais la quête hirsute de l’amour – coûte que coûte- et l’art du portrait tumultueux de Cassavetes frappent et hantent toujours avec la même force.

Love Streams de John Cassavetes, avec John Cassavetes, Gena Rowlands, Diahne Abbott, Seymour Cassel, Margaret Abbott, 1983, USA, d’après la pièce de Ted Allan, 2h21, réédition Splendor films 1ier février 2017. A voir à Paris à la Filmothèque du Quartier Latin dans la cadre de la rétrospective John Cassavetes.

visuel : affiche officielle de la réédition (c) splendor films