« Médecin de Campagne » de Thomas Lilti ouvre le Festival International du Film d’Amour de Mons

21 février 2016 Par admin | 0 commentaires

Présenté en film d’ouverture du Festival International du Film d’Amour de Mons (Belgique), le très beau « Médecin de campagne » de Thomas Lilti fait la part belle à un duo Cluzet-Denicourt qui rafle tout sur son passage. Un choix de qualité pour la 32ème édition de cet intéressant festival. Un film qui va de la beauté à la pudeur et sort le 23 Mars 2016.

Note de la rédaction :

Trente-deux ans que cela dure. En voilà une belle histoire d’amour ! Trente-deux ans à parler d’amour, le rêve de chacun mais surtout celui des montois et des habitants des alentours qui se retrouvent par milliers chaque année pour une semaine de « beaux sentiments ». Certes, on pourrait s’inquiéter. Mièvrerie, fleur bleu, téléfilm, larmoyant et autres épithètes guettent au coin du bois. Mais, et c’est là le coup de génie d’une programmation de qualité, le FIFA ratisse large. Certes l’amour est au cœur mais à l’échelle européenne, voire même mondiale si on en croit la programmation de cette année, et l’idée n’est guère de sortir violons et autres mouchoirs. En prison ou à la campagne, sentiment amoureux ou amour des autres, le répertoire est vaste et le festival sait y dénicher de petites perles. Dès l’ouverture la cadre était posé. Après un hommage à Vladimir Cosma qui a ravi le Théâtre Royal plein comme un œuf en dirigeant sa dernière composition pour mandoline, place au septième art avec « Médecin de campagne » de Thomas Lilti, sympathique comédie dramatique et véritable hymne au dévouement.

Altruisme champêtre

Oubliez celui d’Honorè de Balzac où la volonté d’expiation d’un médecin amène l’opulence d’un village, le médecin de campagne Jean-Pierre Werner – François Cluzet – n’est pas de ceux-là. Il en serait même d’ailleurs à l’opposé dans son irascible opposition à la modernisation. Au volant de son monospace, il sillonne inlassablement la campagne du soir au matin voire de nuit pour les urgences. Médecin ou conseil de famille, assistante sociale ou psychologue, Jean-Pierre est un solitaire un peu bougon mais qui déborde d’altruisme. Quand il est à son tour victime de la maladie, la pire qui soit, rien n’y fait et l’arrivée de Nathalie Delezia, jeune médecin tout juste diplômée pour le seconder, ne se fait pas sans quelques réactions épidermiques teintées de mépris.

François Cluzet, brillante retenue

Thomas Lilti est médecin autant qu’il est réalisateur. Ce second long-métrage consacré à sa profession fait mouche. Interne, médecin de campagne il l’a été. Avec un hyper-réalisme qui flirte avec le documentaire, il nous délivre un magnifique portrait d’homme mais aussi un véritable plaidoyer contre la désertification médicale. En confiant ce rôle à François Cluzet, Thomas Lilti confine au génie. Qui mieux que cet incroyable registre de sentiments pouvait incarner pareil rôle. Une fois, encore, François Cluzet rayonne et éblouit. Sans jamais tomber dans le pathos, il nous délivre un Jean-Pierre Werner tout en retenue à lire entre les lignes et dont il porte l’évolution au cours du film avec brio.

Douce Marianne

Pour lui donner la réplique, la gracile Marianne Denicourt nous offre un jeu construit autour d’un florilège de non-dits. Insufflant jeunesse et modernité dans un monde un peu sclérosé dans de rassurantes habitudes, elle incarne une Nathalie Delezia touchante et attachante. Avec elle tout n’est que regards, douceurs et effleurements et force est de saluer la photographie du film qui rend très bien hommage à ce jeu tout en pudeur.

Véritable éloge de l’altruisme et du dévouement, le « Médecin de campagne » de Thomas Lilti est un plaidoyer contre la désertification médicale qui touche nos campagnes. Galeries de portraits attachants, s’il peut parfois faire penser à un très très bon téléfilm et souffre de quelques petites longueurs, il nous offre à voir un superbe duo tout en évitant l’écueil d’une fin à l’américaine dont on lui sait gré.

Médecin de Campagne de Thomas Lilti, avec François Cluzet, Marianne Denicourt, France, 2015,  102 min, Le Pacte, Sortie le 23 mars 2016.

Sylvain Lefevre


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