« Little Big Man »: Reprise du chef-d’oeuvre de Arthur Penn avec Dustin Hoffman

19 juillet 2016 Par Gregory Marouze | 0 commentaires

Cette semaine voit ressortir sur les écrans Little Big Man : l’un des films US les plus emblématiques des années 70 ! Ce classique signé par un maître du cinéma américain, Arthur Penn, est une grande épopée, un film d’aventures au souffle romanesque, un western à l’opposé des œuvres classiques du genre. Alternant fresque, comédie, fable, farce, porté par un éblouissant Dustin Hoffman, Little Big Man est indéniablement marqué par le sceau des seventies. Toute La Culture vous en dit plus sur ce bijou de cinéma.

Note de la rédaction :

Arthur Penn fait partie de cette race de cinéastes dont le grand public (appellation sans aucune connotation péjorative) connaît davantage les films que l’homme qui les a réalisés. Pourtant, Penn a signé quelques-uns des plus beaux longs-métrages des années 60 et 70. Vous voulez quelques titres ? On vous en donne : Le Gaucher, Miracle en Alabama, Bonnie and Clyde, La Poursuite Impitoyable, Missouri Breaks, … Autant de grandes œuvres du 7ème Art qui en disent long sur l’Histoire de l’Amérique, les forces et faiblesses de cette Nation, ses engagements, cruautés et bassesses.

Arthur Penn – qui a appris son métier à la TV américaine – filme ses longs-métrages comme des épopées, des légendes flamboyantes comme le faisait John Ford. Ici s’arrête la comparaison, tant les styles des deux cinéastes se ressemblent peu.

Tourné en noir et blanc et avec un faible budget, Le Gaucher – premier film de Penn réalisé en 1958 – raconte l’histoire de Billy The Kid avec une liberté qui semble annoncer La Nouvelle Vague française.

Arthur Penn est précurseur quand, en 1967, il fait de l’histoire de Clyde Barrow et Bonnie Parker un grand film noir se doublant d’une critique de la violence sur laquelle se sont bâtis les Etats-Unis. Bonnie and Clyde choque par ses effusions de sang (Sam Peckinpah s’en souviendra-t-il pour La Horde Sauvage?), sa sauvagerie, sa violence graphique, sa vision peu banale du couple. On peut également voir Bonnie and Clyde comme la chute du mâle américain (Clyde, interprété par Warren Beatty, est impuissant). Nous sommes à des années-lumière de la virilité d’un John Wayne. Décidément, le héros américain n’est plus ce qu’il était.

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1970, arrive Little Big Man. En offrant le portrait picaresque d’un jeune blanc – Dustin Hoffman, pas spécialement l’archétype du « grand mâle viril » – adopté dès l’enfance par les indiens, Penn va à contrario de centaines de westerns qui dépeignent les Amérindiens au mieux comme de bons sauvages, au pire comme des brutes sanguinaires.

Tout comme Bonnie and Clyde, Little Big Man peut être regardé comme une parabole sur le Vietnam. Il est d’ailleurs étonnant de voir que Ralph Nelson signe son très dur Soldat Bleu la même année que le film de Penn. Nelson y dénonçait tout à la fois le génocide des Amérindiens et la guerre du Vietnam.

Si Little Big Mann n’élude pas la violence, il ne la filme pas aussi frontalement. Le film est une grande fresque qui annonce les cinéastes du Nouvel Hollywood (Penn leur avait déjà ouvert la voie trois ans plus tôt avec Bonnie And Clyde). Et plus particulièrement Michael Cimino – réalisateur de Voyage au bout de l’enfer et Heaven’s Gatedisparu il y a peu.

Little Big Man est un chef-d’œuvre qu’il faut (re)voir pour la mise en scène de Penn, le souffle romanesque de son récit (le scénario de Calder Willingham est l’un des plus beaux du cinéma américain), son humour (ah, la scène où le vieux chef indien attend la mort sous la pluie), les décors de Dean Tavoularis, … Et, bien sûr, l’interprétation géniale de Dustin Hoffman qui interprète le grand petit homme à presque tous les âges de sa vie. Little Big Man : voilà du cinéma qui vous ragaillardit !

Grégory Marouzé.

Little Big Man de Arthur PENN Scénario : Calder WILLINGHAM, d’après le roman de Thomas BERGER Avec : Dustin HOFFMAN, Faye DUNAWAY, Dan GEORGE, Martin BALSAM, … Musique : John HAMMOND Jr. Montage : Dede ALLEN Directeur de la photographie : Harry STRADLING Jr. Décors : Dean TAVOULARIS, Maquillages : Dick Smith

Aventures | États-Unis | 1970 | 139mn | Couleurs

Sortie le 20 juillet 2016

Synopsis officiel : Un journaliste vient recueillir le témoignage de Jack Crabb, 121 ans, dernier survivant de la bataille de Little Bighorn qui vit la victoire des Indiens sur les troupes du général Custer. Le vieil homme se met à raconter l’histoire de sa vie : le massacre de ses parents par les Indiens pawnees, son adoption par les Cheyennes où il reçut le surnom de Little Big Man, puis son retour parmi les Blancs en pleines guerres indiennes…

Visuels: © Carlotta Films


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