[Critique] de Lego Batman, Le Film: le spin-off de La Grande Aventure Lego

6 février 2017 Par
Gregory Marouze
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Toute La Culture se penche sur Lego Batman, le film. Warner, DC Comics et Lego prolongent La Grande Aventure Lego (le film original) dont les recettes au box-office mondial se sont arrêtés à 469 millions de dollars. Forcément, quand on tient une si bonne franchise, on ne la sacrifie pas. Batman et ses camarades, super-gentils et super-vilains, se voient offrir un spin-off très attendus par les fans ! Lego Batman, le film est-il une bonne surprise ou  une banale opération marketing ? La réponse avec Toute La Culture…

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Toute La Culture avait adoré La Grande Aventure Lego, qualifié par Gilles Hérail dans sa critique de « Hilarant, brillant, barré et nimporte nawaskesque » !

Des qualificatifs qui conviennent parfaitement à Lego Batman, le film, spin-off (film dérivé) que Chris McKay – superviseur des effets visuels et chef-monteur du film d’origine – livre cette semaine sur les écrans.

Evidemment, on devine que le réalisateur (qui signe son premier long-métrage) doit rentrer dans les « clous ». On ne n’imagine pas une seule seconde Warner Bros, Lego et DC Comics, ne pas contrôler la moindre frame d’image de Lego Batman, le film.

Les fans veulent retrouver l’ambiance, la folie, le semblant d’irrévérence, les multiples degrés de lecture du premier volet. Le réalisateur va donc s’employer à leur offrir méticuleusement ce qu’ils attendent.

D’un strict point de vue cinématographique, Lego Batman, le film est à peu près nul. Il faut quand même avoir le cœur et le cerveau en bon état pour supporter l’ouverture du film qui confond rythme et hystérie (aucun plan ne dure plus de 4 secondes), cinéma et clip vidéo, montage et effet stroboscopique (à côté de Lego Batman, le film, Michael Bay c’est du Jacques Rivette) !

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Après cette ouverture tonitruante, le film se calme un peu et finit par trouver sa vitesse de croisière. Le script a bien peu d’importance. Il serait mensonger de dire qu’il n’y en a pas. Il serait tout aussi mensonger de parler de scénario. On se contentera de dire que la trame de Lego Batman, le film en vaut bien une autre.

L’important est ailleurs ! La recette de La Grande Aventure Lego est respectée à la lettre : on accumule les références cinématographiques, les gags nonsensiques, l’humour irrespectueux. Dans une séquence hilarante (nous en dévoilerons peu) Alfred remémore le passé de Batman au principal intéressé : on découvre alors une succession d’extraits des principaux films – et même de la série culte des sixties – produits autour du personnage. Plus tard, on assiste aux premières apparitions de Robin et Batgirl. Prince est même cité pour rappeler le premier film (mauvais) que Tim Burton a consacré au héros de Gotham City (le Kid de Minneapolis en avait signé les chansons).

Lego Batman, le film joue constamment l’équilibre entre la comédie délirante et l’hommage respectueux rendu aux personnages de Bob Kane. On ne peut décemment pas totalement « dézinguer » un univers qui a ses aficionados. Finalement, le cocktail prend plutôt bien. On se surprend même à être ému devant le face-à-face entre Batman et le Joker.

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Chris McKay et sa team n’oublient pas que le Joker est une sorte d’anamorphose, de double inversé de Batman. Ainsi, plus que dans beaucoup de films réalisés en prises de vues « réelles », Lego Batman, le Film saisit la relation complexe et ambiguë du héros milliardaire et du super-vilain. On n’est pas si éloigné, finalement, de Killing Joke (en français: Souriez) la BD géniale de Alan Moore et Brian Bolland. Toutes proportions gardées, bien sûr.

Quant aux gags (nombreux : on frôle la saturation), ils sont réjouissants. Un gamin s’amusera des bêtises faites par Robin et Batman, quand un adulte s’esclaffera devant les sous-entendus licencieux réservés aux deux héros du film. On rigole avec l’apparition de super-méchants convoqués: gremlins, King-Kong, Voldemort, …

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On goûte un peu moins les références à l’argent roi – sûr qu’avec le milliardaire Bruce Wayne, la chose était facile -, et surtout la version française assez calamiteuse qui voit se côtoyer Stéphane Bern (si, si), Natoo la youtubeuse, les footballeurs Blaise Matuidi et Antoine Griezmann qui prête sa voix à Superman (si vous n’avez jamais entendu un « acteur » jouer faux : vous tenez là la version française de la décennie). On imagine bien le désarroi des vrais comédiens, intermittents du spectacle, qu’on ne fait pas bosser sur ce film au détriment de peoples. Drôle d’époque !

On préfère évidemment la version originale dans laquelle on retrouve Zach Galifianakis, Michael Cera, Rosario Dawson, Billy Dee Williams. Exception faite de Mariah Carey (faut pas déconner non plus).

Malgré une durée bien trop longue de 1H45, Lego Batman, le film remplit son contrat. Ou plutôt ses contrats : divertir et donner l’envie aux gamins et aux geeks de se précipiter dans la grande surface la plus proche, une fois la projection terminée. Plus que de cinéma, tout ceci est bien sûr histoire de marketing. Même s’il faut reconnaître qu’on ne prend pas trop (et heureusement) le spectateur pour un imbécile avec cette aventure assez inventive.

Grégory Marouzé

Synopsis : Il en rêvait depuis La Grande Aventure Lego : Batman est enfin le héros de son propre film ! Mais la situation a bien changé à Gotham – et s’il veut sauver la ville des griffes du Joker, il lui faudra arrêter de jouer au justicier masqué et découvrir le travail d’équipe ! Peut-être pourra-t-il alors se décoincer un peu…

Lego Batman, le film de Chris McKay

Durée: 1h45

Sortie le 8 février 2017

Visuels: © Warner Bros