« La Belle et la Bête », la version live de Disney explose tous les records au box-office !

22 mars 2017 Par
Magali Sautreuil
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Après « Alice au pays des Merveilles » (2010), « Maléfique » (2014), « Cendrillon » (2015) et « Le livre de la jungle » (2016), Disney poursuit l’adaptation de ses dessins animés à succès avec des acteurs en chair et en os. Cette fois-ci, c’est au tour de « La Belle et la Bête » de faire son entrée en scène. Le film sort le 22 mars 2017 en France, mais cartonne déjà aux Etats-Unis et dans les autres pays où il est déjà à l’affiche. Mais que diable a-t-il bien susciter un tel engouement du public?

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Les débuts de cette nouvelle adaptation de « La Belle et la Bête » semblent prometteurs. En quelques jours seulement, le film a déjà battu plusieurs records dont celui du meilleur démarrage de tous les temps pour un film tous publics, celui du meilleur démarrage de tous les temps pour un film centré sur une héroïne et celui du meilleur démarrage pour un remake Disney.

L’histoire :

Fidèle au dessin animé de 1991, l’histoire n’offre guère de surprises, mais nous replonge avec délice dans l’univers de Disney. Le film a cependant gagné en maturité et en profondeur, notamment au niveau de la psychologie des personnages. Des passages sont venus enrichir le récit d’origine pour renforcer sa cohérence et le rendre plus réaliste. Rien que les premières notes du prologue vous suffiront pour reconnaître « La Belle et la Bête ». Mais cette fois-ci, ce n’est pas une conteuse, mais un conteur qui vous relatera les mésaventures de la Bête.

Cette Bête n’est autre qu’un prince vaniteux, qui vivait en France, au XVIIIème siècle. Reclus dans son château, il y donnait de somptueuses fêtes, qui ne sont pas sans rappeler les fastes de Versailles. Un jour, au cours d’une de ces soirées, une vieille femme vint lui demander le gîte. Visiblement dégoûté par la laideur et la pauvreté de cette gueuse, le prince la repoussa sans vergogne. C’est alors que la miséreuse se métamorphosa en une belle enchanteresse. Pour le punir de sa vanité et lui apprendre à ne pas juger selon les apparences, elle le transforma en une horrible bête et condamna tout son entourage à subir un sort équivalent.

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De gauche à droite : Big Ben, Mme Samovar, Lumière et Plumette

Néanmoins, s’il parvint à aimer et à se faire aimer en retour avant que le dernier pétale de la rose qu’elle lui avait offerte ne tomba, la malédiction serait levée. Les années passèrent et l’espoir de retrouver un jour une vie normale s’amenuisa. Le dernier pétale était sur le point de tomber quand soudain, Belle, l’élue qui était censée rompre le charme fit son apparition. Belle, dont la beauté était sans pareille, vivait dans le petit village isolé de Villeneuve. Aussi rebelle que belle, elle ne souhaitait en rien vivre la vie qui lui semblait destinée. Elle rêvait de trouver un ami qui la comprendrait et des livres par centaine et cet ami, ce pourrait bien être la Bête.

Vous l’aurez compris, « La Belle et la Bête » est avant tout l’histoire d’une romance entre deux êtres que les apparences semblaient opposées, mais qui ont su passer outre pour découvrir le véritable amour.

Les personnages :

Afin de donner plus de profondeur à cette belle histoire d’amour, la psychologie et le passé des protagonistes ont été approfondis.

Gaston est bien plus cruel que dans le dessin animé. Il n’est pas un simple balourd, rustre et primaire. Ancien capitaine de l’armée française, il a su protéger son village d’une invasion, ce qui lui a valu le statut de héros. Respecté, mais aussi craint par les autres villageois, on ne peut pas dire qu’il soit très stable mentalement. Il a notamment du mal à gérer ses excès de colère, malgré les exercices de respiration donnés par son acolyte Le Fou.

Le personnage de Le Fou a d’ailleurs été sujet à polémique. Il est le premier personnage Disney à être ouvertement gay, ce qui a été très mal perçu par certains pays comme la Russie et la Malaisie. Autre différence avec le dessin animé, Le Fou, même s’il reste analphabète, est loin d’être un abruti. Il éprouve de l’attirance pour Gaston, mais n’est pas prêt à le suivre aveuglément pour autant. Déçu par ce dernier, il pourrait trouver quelques réconforts dans les bras de son camarade Stanley (Alexis Loizon), qui porte, soit dit en passant, merveilleusement bien la robe !

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Gaston et Le Fou en plein désaccord

Dans cette version, Disney a également fait le pari de la diversité ! Contrairement au dessin animé, les habitants du village et du château sont de couleurs différentes (noires, blanches…) et ont des accents variés (français, italien…).

Maurice n’est pas l’inventeur fou du dessin animé, qui crée des inventions tout aussi loufoques. Dans le film, il est plutôt calme et raisonnée. Minutieux et patient, il crée des boîtes à musique. Meurtri par la disparition de sa femme, il a reporté tout son amour sur sa fille unique. C’est un père attentionné et très attachant. Erudit et élégant, il ne ressemble à aucun autre villageois. Les chats ne faisant pas des chiens, il en est de même pour sa fille.

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Maurice et sa fille Belle

Dans le film, Belle est une femme au caractère plus affirmé et plus rebelle aussi. Même parée des plus beaux atours, elle sait rester simple, sans maquillage. Emma Watson, pour qui Belle représente une héroïne « intrépide, audacieuse et dotée d’une grande indépendance », a souhaité que les vêtements que Belle porte soient aussi en accord avec sa personnalité. Autrement dit, le côté pratique et confortable devait primer sur l’aspect esthétique. C’est pourquoi, les poches de ses habits sont apparentes. Pour être plus libre de ses mouvements, Belle a abandonné corsets et talons, et n’hésite pas à rentrer un pan de sa robe dans sa ceinture, laissant ainsi apparaître ses sous-vêtements.

Dans cette version live, on en apprend également davantage sur son passé et les raisons de son installation avec son père dans le village de Villeneuve. De retour dans le Paris de son enfance, lors d’une escapade en compagnie de la Bête, elle découvre que sa mère est morte de la peste.

Cela lui fait un autre point commun avec la Bête, en plus de leur amour pour les livres. Lui aussi a perdu sa mère étant enfant. Mais son père était loin d’être aussi gentil et attentionné que Maurice. C’était un homme exécrable, auquel il a fini par ressembler, au grand dam de ses serviteurs. Belle ravivera les souvenirs enfouis de sa mère, ainsi que son côté humain.

Notons également que dans cette version le personnage de l’enchanteresse est davantage présent physiquement.

Décors et costumes :

Pour donner vie à ce « conte d’autrefois », Disney n’a pas lésiné sur les moyens.

Tout comme le château, le village de Villeneuve est isolé. Situé au sommet d’une colline, emplacement stratégique visant à renforcer ses défenses, il est inspiré des villes françaises de Sarlat et Conques. Afin de lui donner vie, un village entier de 2675 m2 a été construit à Shepperton, dans la banlieue londonienne. Maisons à colombage, place du marché, lavoir collectif et taverne lui donnent un aspect rustique, qui s’accorde parfaitement avec ses habitants.

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À gauche, le château et à droite, le village

À l’opposé du village, se dresse a demeure de la Bête et ses jardins « à la française ». Dans le dessin animé, Big Ben, qui s’était improvisé guide du château pour Belle, décrivait son style architectural comme « rococo décadent / baroque ». Toutefois, dans le dessin animé de 1991, son architecture et ses décors étaient beaucoup plus simples et plus sobres. L’atmosphère y était aussi plus lumineuse. Dans le film, elle est beaucoup plus sombre, impression qui est renforcée par le fait que le château et ses terres, contrairement à la version d’origine, sont plongés dans un hiver éternel. Ce n’est qu’une fois la malédiction levée que l’hiver prendra fin, pour laisser place au printemps. La scène finale du bal tranche non seulement avec cette époque maudite, mais aussi avec les fêtes données par le prince, par sa luminosité, son décor fleuri et printanier et l’allégresse qui y règne, signe d’un nouveau départ.

L’architecture du château et de ses dépendances mêlent plusieurs époques, ce qui nous donne l’impression qu’ils sont hors du temps. Les flèches dressées vers le ciel, les toits pointus, les contreforts et les gargouilles renvoient à la période médiévale gothique, tandis que les colonnes torsadés, le mouvement imprimé par le décor et la richesse de ce dernier évoquent plutôt le XVIIème baroque et le XVIIIème siècle. Quant à la bibliothèque du château, qui donne le vertige à Belle, elle est inspirée de celle de l’université de Coimbra, au Portugal. Plusieurs milliers d’ouvrages ont été fabriqués pour l’occasion.

Mais la pièce la plus époustouflante et la plus romantique du château demeure la salle de bal, avec ses 1100 m2 de faux marbre blanc illuminés par dix lustres en verre de près de 4 m de haut. C’est dans cette salle que tout se joue. C’est là que le prince a été maudit, aimé et sauvé. Le moment le plus chargé en émotion est bien entendu lorsque la Belle et la Bête dansent ensemble pour la première fois. C’est à ce moment-là que s’opère le plus grand changement chez la Bête. Il prend conscience qu’il peut être quelqu’un de délicat et de tendre. Mais comment aurait-il pu en être autrement ? Comment aurait-il pu résister au charme de Belle qui est resplendissante dans sa fameuse robe jaune ? Cette robe, composée de 55 m d’organza de satin, de 915 m de fils, imprimée de feuille d’or et ornée de 2160 cristaux Swarovski, aura nécessité près de 12000 heures de travail, ce qui est tout simplement incroyable. Saluons également la prouesse de la Bête qui a réussi à danser, perché sur des échasses, sans écraser les pieds de Belle, tout en portant un costume extrêmement lourd !

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La scène du bal de la Belle et la Bête

Séparant le château du village, la forêt enchantée s’étend sur 890 m2. Elle comprend de vrais arbres, des haies, un lac gelé, des portes de glace d’environ 9 m de haut, près de 20000 stalactites et aura nécessité quinze semaines de travail.

Les musiques :

Menken, fidèle compositeur de Disney, qui avait déjà réalisé la bande-originale du dessin animé de 1991, a également signé celle de cette version live, qu’il a voulu plus chargée en émotions.

Il a de nouveau collaboré avec la chanteuse Céline Dion. Elle interprète l’une des nouvelles chansons du film, qui accompagne la scène finale : « How does a moment last forever ? » (« Je rêve d’une histoire sans fin »).

Les deux autres morceaux sont : « Days in the sun » (« Jours enchantés ») et « Evermore » («Ensemble à jamais»). Ce dernier est particulièrement touchant et triste. Il est entonné par la Bête après le départ de Belle. Il traduit parfaitement son trouble et sa prise de conscience de son amour pour Belle. Avec « Il y a quelque chose qu’hier encore n’existait pas » et « Histoire éternelle », il s’était éveillé petit à petit à ce sentiment nouveau pour lui qu’était l’amour.

Outre les trois nouveaux morceaux, les musiques d’origine ont aussi eu droit un petit lifting, tout en conservant leur esprit. Tous les thèmes sont présents.

Les chansons collectives sont les plus entraînantes et les plus dynamiques. Par exemple, « Gaston» est clairement une chanson à boire, quelque peu paillarde et grivoise. Initiée par Le Fou pour remonter le moral à Gaston qui vient de se faire rembarrer par Belle, elle est reprise en chœur par tous les villageois qui trinquent à sa santé. Gonflé à bloc, Gaston retrouve rapidement de sa superbe!

Mais la chanson la plus festive, dans le même esprit que « Gaston », est, bien entendu, « C’est la fête ». Digne des plus grands spectacles de cabaret, cette scène a aussi été l’une des plus difficiles à tourner. Pour trois minutes et cinq secondes de film, il aura fallu plus de six semaines de préparation, un mois de tournage et dix-huit de post-production. En réalité, Belle était complètement seule et toute l’animation autour d’elle a été traitée en images de synthèse. Dur de tenir son rôle dans de telles conditions !

Bien qu’effrayante, la chanson collective la plus galvanisante est sans nul doute « Tuons la bête ! ». Les villageois, entraînés par Gaston, partent à l’assaut du château, mais le monstre qu’ils souhaitent exterminer n’est pas forcément celui auquel ils pensent ! Dans la mêlée générale, Gaston n’a aucun scrupule à se servir de ses sbires comme bouclier. Légère variante par rapport au dessin animé, Gaston donne le coup de grâce à la Bête avec un pistolet et non avec un couteau.

Compte-tenu de la qualité et du rythme des chansons, « La Belle et la Bête » relève davantage de la comédie musicale que du simple film. Même Maurice pousse la chansonnette !

En tout cas, cette version live de « La Belle et la Bête » saura ravir non seulement les fans du dessin animé, mais aussi les amateurs de belles histoires !

Caractéristiques :

Titre : « La Belle et la Bête »

Genre : Conte fantastique tous publics

Réalisateur : Bill Condon

Scénaristes : Evan Spiliotopoulos et Stephen Chbosky

D’après l’œuvre de : Jeanne-Marie Leprince de Beaumont (1757)

Producteur : Steve Gaub, David Hoberman, Todd Lieberman, Jack Morrissey, Jeffrey Silver, Alexander Young, Jérémy Johns et Greg Yolen

Compositeur et paroliers : Alan Menken

Décoratrice : Katie Spencer

Costumière : Jacqueline Duran

Société de production : Walt Disney Pictures et Mandeville Films

Distributeur : Buena Vista Pictures

Casting : Emma Watson (Belle), Kevin Kline (Maurice, le père de Belle), Luke Evans (Gaston), Josh Gad (Le Fou), Alexis Loizon (Stanley), Dan Stevens (La Bête), Ian McKellen (Big Ben), Ewan McGregor (Lumière), Gugu Mbatha-Raw (Plumette), Emma Thompson (Mme Samovar), Nathan Mack (Zip), Audra McDonald (Mme de Garderobe), Stanley Tucci (Maestro Cadenza), Hattie Morahan (Agathe, l’enchanteresse)

Sortie française : 22 Mars 2017

Durée : 2h09