« Jean-Christophe et Winnie », retrouvons notre âme d’enfant

22 octobre 2018 Par
Magali Sautreuil
| 0 commentaires

Dans notre société, nous courons sans cesse après le temps. Nous finissons par perdre de vue ce qui est réellement important et oublions, parfois, qui nous sommes réellement. Nous étouffons l’enfant qui est en chacun de nous pour jouer les grandes personnes, alors que nous pouvons être les deux. C’est ce que nous rappelle le film de Marc Foster « Jean-Christophe et Winnie ».

4134938-jpg-c_215_290_x-f_jpg-q_x-xxyxx

Dans la forêt des rêves bleus, Jean-Christophe, Winnie et tous leurs amis vivent chaque jour de nouvelles aventures jusqu’au moment où le petit garçon part vivre en pensionnat. Dès lors, coupé de ses camarades d’enfance, Jean-Christophe doit affronter seul la dure réalité de la vie. Il grandit, trop vite peut-être : les dessins et scènes réelles défilent à une vitesse hallucinantes jusqu’à ce qu’il devienne adulte. Jean-Christophe est désormais une grande personne. Il ne dessine plus et toute la magie et la poésie de son enfance qui transparaissaient à travers ses dessins ont disparu. Il a oublié ce que c’était d’être un enfant. Il exerce un travail qui ne lui plaît guère et où il passe pourtant la majeure partie de son temps pour un salaire de misère, au risque de perdre sa famille. Inconsciemment, il reproduit les mêmes erreurs que son père.

Quand sa femme et sa fille partent en vacances à la campagne sans lui, Jean-Christophe se trouve confronter à un choix cornélien : garder son travail et perdre ce pour quoi il trime si dur ou être licencié et rester avec ceux qui l’aiment. Mais l’arrivée inattendue de ses anciens amis va lui permettre de concilier les deux.

En effet, au moment où sa vie risque de partir en lambeaux, Jean-Christophe reçoit une visite inespérée qui va chambouler toute son existence : Winnie l’Ourson est de retour, non pas dans la forêt des rêves bleus, mais à Londres ! Winnie est certes un ours de peu de cervelle qui prend tout au premier degré, mais c’est un ami sincère, qui dit les choses avec sincérité et candeur. Ces réflexions sont à la fois drôles et profondes. C’est grâce à elles que Jean-Christophe, qui est au final un père lui-aussi avec très peu de cervelle, va prendre conscience de ce qui est réellement important dans la vie. Au contact de ses amis de la forêt des rêves bleus, il va petit à petit retrouver son âme d’enfance, prendre de nouveau du temps pour sa famille, s’affranchir du tourbillon de la vie quotidienne et de la routine transport-boulot-dodo.

Le retour de ces compères d’enfance va modifier sa perception des choses. Ils vont apporter de nouveau un peu de douceur et de magie dans la vie de Jean-Christophe et vice-versa. En effet, eux-aussi ont souffert de son absence. Le temps ne les a pas épargnés : ils ressemblent à de grosses peluches usées, délavées et décolorées. Sans leur ami, ils étaient un peu perdus et tristes. Mais leur aspect est aussi dû aux nombreuses aventures qu’ils ont vécues avec Jean-Christophe. Que de souvenirs en commun ! Comment ne pas se sentir nostalgique en de pareilles circonstances ?

Ce sentiment est amplifié par l’émerveillement que suscitent les magnifiques paysages de la campagne anglaise de son enfance. Ceux-ci contrastent par leurs couleurs et leur quiétude avec le tumulte et la grisaille de Londres.

Quant à la forêt des rêves bleus, elle ne diffère en rien du monde réel. Seuls notre imagination et les jeux de lumière parviennent à changer notre perception des lieux. Nous pouvons regretter ce choix, mais il a sa raison d’être. Il vise à nous rappeler que l’enfant qui est en chacun de nous n’a pas à disparaître une fois adulte et que, malgré les épreuves, nous ne devons pas oublier nos rêves. Au contraire, nous devons continuer de développer notre imaginaire.

D’ailleurs, ce n’est qu’à partir du moment où Jean-Christophe comprend qu’on peut être un adulte responsable tout en conservant son âme d’enfant, qu’il peut redevenir le héros non seulement de ses amis de la forêt des rêves bleus, mais aussi de sa famille et de ses collègues de travail !

Jean-Christophe et Winnie, un film Walt Disney Studios réalisé par Marc Foster, avec Ewan McGregor (Jean-Christophe Robin), Hayley Atwell (Evelyne, la femme de Jean-Christophe), Jim Cummings / Jean-Claude Donda (la voix de Winnie en anglais / en français), Bronte Carmichael (Madelein, la fille de Jean-Christophe) et Mark Gatiss (Gilles Winslow, le patron de Jean-Christophe. Durée : 1 heure 40. Sortie française au cinéma : le 24 octobre 2018.