Festival du Film Fantastique de Gerardmer – Compétition officielle

29 janvier 2016 Par admin | 0 commentaires

Première journée officielle de compétition pour la sélection « long métrage » et Southbound offre les premiers vrais frissons de plaisir de cette édition 2016. Quatre contes, quatre réalisateurs. Ces même compères qui, en 2012 et selon un même principe de saynètes liées les unes aux autres autour d’un thème récurrent, nous délivraient déjà un « V/H/S » de haut-vol. Quid de cette plongée 2015 au cœur des plus sombres secrets.

« Southbound » : Quatuor majeur, duo gagnant

Aux confins d’un nulle part très américain, deux hommes en fuite, un groupe de rock féminin, un cadre qui aspire à rentre chez lui, un frère en quête de sa sœur ; autant de prétextes à nous présenter un petit panégyrique cinématographique non-exhaustif du genre. Pour se coltiner l’exercice, 4 réalisateurs, 4 styles mais une réussite inégalement répartie. Dans deux registres très différents, Roxanne Benjamin et David Bruckner excellent.

Radio Silence et P. Horvath, « peut mieux faire »

Force est de le reconnaître, Radio Silence déçoit. Le collectif de réalisateurs nous offre un « Way Out » et « Way In » que quelques scènes de très bon aloi – la demoiselle à la batte de base-ball parmi d’autres – ne préservent pas d’une impression de construction un peu trop alambiquée. L’intéressante idée d’introduire l’histoire par son épilogue ou, plus anecdotiquement, le running gag de la station service ne changeront guère la légère déception accentuée par une voix-off qu’on aurait aimé moins affectée même si elle est servie avec talent par Larry Fessenden. Ce sentiment mitigé d’une idée intéressante mais portée à l’écran de façon inaboutie sera aussi au rendez-vous avec le « Jailbreak » de Patrick Horvath. Dans cette histoire de quête fraternelle, le scénario un peu faible desservi par un jeu d’acteur décevant ne fait pas mouche.

Roxanne Benjamin, « très bon travail »

Usant d’une galerie de personnages époustouflants d’exactitude et d’une scénographie au cordeau servie par une esthétique des lumières de haut vol, Roxanne Benjamin précipite le trio de rockeuses de « Siren » dans des fifties placées sous le signe de la damnation. Une première réalisation – elle était en production sur « V/H/S » – très réussie et qui démontre une fois encore qu’accepter l’aide du premier étranger venu n’est pas toujours une bonne idée. Si le scénario s’essouffle quelque peu en bout de course, elle nous délivre néanmoins un petit joyau mâtiné d’humour de grand talent.

David Bruckner, « mention très bien avec les félicitations du jury »

Mais à coup sûr c’est David Bruckner et son « Accident » qui décroche la palme de ce quatuor. Au départ l’idée est simple : un cadre sur le chemin du retour renverse – assez violemment reconnaissons-le – un piéton. Outre illustrer que téléphoner au volant tout en commentant les dernières acquisitions de la garde-robe de madame en direct sur son smartphone est une bien mauvaise idée, David Bruckner tire de ce banal fait-divers un vrai moment de plaisir. Alternant humour très noir, réalisme cru et féroces sensations de mal-être et de panique, cette pépite exécutée de main de maître réussit encore le tour de force d’un épilogue inattendu. On en redemande. Débarqué fin 2015 du projet « Vendredi 13 reboot », David Bruckner a désormais le champ libre pour s’atteler à de nouveaux projets très attendus.

Sylvain Lefevre


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