[DEAUVILLE, JOUR 6] JOURNALISME, CARTELS ET AMOUR CE MERCREDI

8 septembre 2016 Par Aurélie David | 0 commentaires

C’est sous un soleil, enfin de retour, qu’a débuté cette sixième journée de compétition. Si le film « Christine » d’Antonio Campos ne fait pas d’émules, « Transpecos » de Greg Kwedar démarre au quart de tour et séduit. La remise du Prix Littéraire Lucien-Barrière 2016 et la projection de L’Histoire de l’Amour (« The History of Love ») de Radu Milhaileanu ont ponctué ce mercredi. Retour sur cette journée.

 

 

 

Ce mercredi, l’humeur était féministe avec le film Christine réalisé par Antonio Campos. Comment réussir à faire carrière, dans les années 1970 aux Etats-Unis, lorsqu’on est une femme ? C’est l’histoire, inspiré de faits réels, de Christine, une jeune femme à l’aube de la trentaine qui, sûre d’elle, est déterminée à percer en tant que journaliste. Encore chez sa mère et amoureuse de son collègue, ses ambitions s’avèrent difficiles à réaliser. Malgré une bonne idée de départ, le film est lent à démarrer et demeure plat durant une bonne moitié de sa durée. Mais ce qui est le plus dérangeant, sauf si ce n’était la volonté d’Antonio Campos, c’est la profonde antipathie qui se dégage du personnage de Christine et qui ne nous quitte pas un seul instant jusqu’aux dernières minutes du film. Malgré tout ce qui lui arrive, aucune compassion ne se fait ressentir à son égard. Malgré les sujets engagés par le réalisateur comme la femme carriériste, la politique de certains groupes de médias, la pression au travail jusqu’à la dépression, et s’il se rattrape grâce à son final, le film reste décevant par rapport à ses attentes.

Note de la rédaction :

Christine, d’Antonio Campos, Etats-Unis, 1 h 59, avec Rebecca Hall, Michael C. Hall, Tracy Letts, Maria Dizzia. Festival de Deauville 2016.

Après un déjeuner vite englouti, toujours sur la terrasse du D3, il est temps de poursuivre ce marathon filmique avec le dixième long-métrage de la compétition : Transpecos de Greg Kwedar. Les agents Flores, doué pour chasser les véhicules suspects, Davis, venu pour séduire les femmes et monter à cheval, et Hobbs, un gars de la vielle école peu convaincu par les diplômes face aux armes, sont trois gardes-frontières en poste dans un coin perdu du désert américain. Un jour, ils se retrouvent confrontés à un contrôle de routine d’un véhicule qui va bousculer à jamais leur vie. Encore un film sur les cartels mexicains, mais cette fois-ci rondement bien mené par les trois acteurs principaux, et particulièrement par Gabriel Luna (Agent Flores).Tension et action font lois dans ce film où le cartel n’est jamais visible, mais seulement suggéré. On ne suit que ces trois agents durant leur course contre la montre et c’est ce qui le démarque de tous les autres films sur le sujet.

Note de la rédaction :

Transpecos de Greg Kwedar, Etats-Unis, 1 h 26, avec Johnny Simmons, Gabriel Luna, Clifton Collins Jr. Festival de Deauville 2016.

Après la Compétition, place à la soirée Deauvillaise avec la remise du Prix Littéraire Lucien-Barrière. Cette année, il fut remis à l’écrivain Stewart O’Nan pour son roman « Derniers feux sur Sunset » qui retrace le passé de l’écrivain américain Francis Scott Fitzgerald Kennedy à Hollywood. La projection du film L’Histoire de l’Amour (The Story of Love) de Radu Milhaileanu, membre du grand jury cette année, et adapté d’un roman de Nicole Krauss, a suivi. Années 1930, Léo aimait une fille prénommée Alma. Il avait juré de l’aimer tant qu’il vivrait. Mais, la guerre est arrivée et les a séparé. 2006. Une adolescente new-yorkaise appelée elle-aussi Alma, mène sa vie sans croire au véritable amour. De l’autre côté du pont, Léo est devenu un vieil homme qui ne pense qu’à « la femme la plus aimée du monde ». Rien ne semble relier ces personnage et pourtant… Après Vas, vis et deviens (2005), Le Concert (2009) ou La Source des Femmes (2011), Radu Milhaileanu nous transporte cette fois-ci de la Pologne durant la Seconde Guerre Mondiale au Manhattan d’aujourd’hui avec l’amour comme guide. Malgré un film long et un montage complexe, comme avait pourtant prévenu avec humour Radu Milhaileanu, l’histoire, accompagnée d’une musique entêtante et d’images léchées, nous saisis de la première à la dernière minute. Un très beau film, un délice pour ceux qui aiment les histoires d’amour.

Note de la rédaction :

L’Histoire de l’Amour, de Radu Mihaileanu, France, Canada, Etats-Unis, 2 h 14, avec Derek Jacobi, Sophie Nélisse, Gemma Arterton, Elliott Gould. Festival de Deauville 2016.

Visuels : © Photo et vidéos officielles des films.


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