[Deauville 2016]« The Bandit » Burt Reynolds et Hal Needham, une amitié indestructible

4 septembre 2016 Par Olivia Leboyer | 0 commentaires

The bandit

Un dimanche 4 septembre pluvieux : l’envie nous a pris d’aller faire un tour du côté des Docs de l’Oncle Sam, où sommeillent les trésors de Hollywood. A l’écart de la compétition 2016, nous avons rêvé bigger than life, comme au bon vieux temps. Burt Reynolds, ça vous dit quelque chose ? Un homme, un vrai : et, chose moins connue, son cascadeur, doublure et meilleur ami, Hal Needham (mort en 2013), était tout aussi fascinant.

Note de la rédaction :

D’habitude, les documentaires montrent la face cachée des mythes, cassent un peu le rêve. Jesse Moss, documentariste courageux, avait d’ailleurs réalisé Full Battle Rattle (2008) sur les mensonges de l’armée américaine pour justifier l’intervention en Irak. Or, ici, derrière le rêve américain, il y a encore plus de rêve.

Au fil des images d’archives, le beau Burt Reynolds charme par son humour distancié, assez ravageur. Abonné aux rôles dans des comédies d’action à succès, l’acteur n’a jamais eu son Casablanca, ou son Tramway nommé désir (on note quand même l’excellent Délivrance de John Boorman en 1972). Pourquoi ? Et est-ce si important ? Burt Reynolds avoue ses erreurs, ses regrets, sans s’appesantir : en fait, il est très heureux de sa carrière et de sa vie, car il s’est énormément amusé sur les tournages de films oubliables mais sympathiques, qui ne prétendaient pas être autre chose que ce qu’ils étaient. Des divertissements pour plaire au plus grand nombre, pour faire rire et passer un bon moment. Avec simplicité et chaleur, Burt Reynolds nous parle de son amour des gens. Plus merveilleuse qu’une comédie américaine, sa vie illustre parfaitement ses propos : pendant onze ans, il a vécu avec son cascadeur et meilleur ami, Hal Needham. Un vrai dur, à qui rien ni personne ne faisait peur, et surtout pas Burt Reynolds. On ne remet pas son visage en un claquement de doigt? Pas grave, il y travaille.

Dans cette amitié extraordinaire, il y a sans doute eu de la jalousie, mais complètement assumée : chacun des deux hommes explique ce qui le fascine chez l’autre. Hal Needham ne possède pas la beauté de Burt Reynolds qui, lui, n’a pas les capacités physiques et le courage hors normes de son cascadeur. Tous deux rayonnent également d’humour et de gentillesse. Brillantes, enlevées, leurs interviews sont de véritables shows. Lorsque Needham s’est senti trop à l’étroit dans son rôle de cascadeur, il a eu envie, comme tout le monde à Hollywood, de réaliser un film. Tout naturellement, Reynolds l’a aidé, et a tenu le rôle principal de Cours après moi, Shérif (1977), comédie d’action ébouriffante dans l’esprit du Sud (« Il y a des choses, dans le Sud, qui me font honte. Mais il y a aussi des choses merveilleuses » nous dit Reynolds), allant jusqu’à en assurer la promotion. Immense succès, le film a permis à Needham de quitter le nid amical, sans jamais s’éloigner bien longtemps. Non pas un, mais deux bandits, deux pirates, insouciants et pleins de vie.

Il est rare de voir un acteur se livrer avec une honnêteté et une gentillesse aussi confondantes. Une belle carrière mais aussi une très belle vie d’homme. Avec cet irrésistible esprit seventies, ultra cool, où l’instant présent compte toujours plus que la postérité.

The Bandit, de Jesse Moss, USA, 1h26, Moss, montage Aaron Wickenden, musique T. Griffin. Festival de Deauville 2016, Les Docs de l’Oncle Sam.

visuels: photo officielle du film, affiche du festival.


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