[Critique] « L’Idéal » de Frédéric Beigbeder : Barbie Redemption

14 juin 2016 Par admin | 0 commentaires

Pubard cocaïné dans 99 Francs tiré de l’ouvrage éponyme de Frédéric Beigbeder, Octave Parango ne s’est pas rangé des voitures. Exilé volontaire dans les steppes de l’Oural – à condition qu’on y trouve des bars à vodka et des demoiselles accortes -, il a cette fois endossé le costume de « model scouting » à la solde de quelques milliardaires post-soviétiques en mal de chair fraîche. Une vie placée sous le signe de l’hédonisme qui lui sied à merveille où tourbillonnent de jolies jeunes filles en mal de reconnaissance internationale et prêtes à tout pour y parvenir.

Note de la rédaction :

A l’autre bout de la planète, L’Idéal – empire international du cosmétique -, toute homophonie avec une marque existante étant bien entendu un hasard, affronte une crise sans pareille. Son égérie, sex-tape sur les réseaux sociaux à l’appui, semble nourrir des goûts pour le moins hitlériens et douteux en matière de fantaisies sexuelles. Appeler à la rescousse afin de faire oublier ces turpitudes au grand public, Octave, affublé de la workalkholic et névrosée directrice de l’image de la marque, dispose de sept jours pour dénicher la « new face » de l’Idéal.

Jean Dujardin, l’Octave du succulent « 99 Francs » réalisé par Jan Kounen, ayant passé la main, c’est Gaspard Proust qui incarne désormais le parangon de cynisme cher à Frédéric Beigbeder et avec qui la ressemblance physique est par instant époustouflante. Il côtoie ici Jonathan Lambert et Audrey Fleurot, respectivement patron(ne) et directrice image de l’Idéal.

Maturité cinématographique : « work in progress »

« L’amour dure trois ans », le premier film en tant que réalisateur de l’attachant touche-à-tout Frédéric Beigbeder, avait reçu un accueil en accord avec la sympathie développée à l’égard de l’auteur de romans. Ce deuxième opus, adaptation de « Au secours pardon » et servi par une BO qui à elle seule mériterait le détour, apparaît comme un premier pas jubilatoire vers une maturité cinématographique de bon aloi de l’écrivain jet-setter.
Dans ce film superbement servi par un trio d’acteurs parmi lesquels il faut saluer la superbe performance de Jonthan Lambert en CEO de L’idéal, l’enchaînement de scènes toutes plus succulentes les unes que les autres méritent un satisfecit. Dénonçant avec finesse et humour noir le monde de la mode et du mannequinat, il s’y côtoie différents degrés de lecture qui feront bien vite oublier quelques scènes parfois un peu trop longues.

Cynique for ever

En contradiction avec l’esthétique de l’image digne d’une publicité pour cosmétiques – tiens donc – F. Beigbeder se fait brillant apôtre d’un cynisme drolatique qui renforce son propos faisant de la première partie du film un vrai régal. Il y a fort à parier que quelques unes des répliques du cher Octave trouveront bientôt une place de choix au panthéon des « cultes » du genre. Les nains de la propriété de Sacha y occuperont sans doute la meilleure.
La comédie romantique qui prend le pas et une construction un peu décousue nuisent à la seconde partie. Certes elle offre quelques scènes qui prêtent à sourire – on a rarement vu ce côté bayou mâtiné de Riva de la Volga – mais au détriment du succulent cynisme qui donnait tout le sel à la première partie.

L’idéal de Frédéric Beigbeder, avec Gaspard Proust, Audrey Fleurot, Jonathan Lambert,Anamaria Vartolomei, Camille Rowe, France, Sortie le 15 juin 2016.

Sylvain Lefevre


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