[Critique] « Five » le film : Pierre Niney et François Civil inventent un joli flow de comédie

2 avril 2016 Par Gilles Herail | 1 commentaire

Le premier film d’Igor Gotesman pâtit d’un scénario très balisé mais vaut mieux que ses atours d’énième comédie de potes. Five peut compter sur de vrais efforts de mise-en-scène et donne l’occasion à Pierre Niney et François Civil d’inventer un joli flow de comédie. Notre critique.

Note de la rédaction :

Extrait du synopsis officiel : Cinq amis d’enfance rêvent depuis toujours d’habiter en colocation. Lorsque l’occasion d’emménager ensemble se présente, Julia, Vadim, Nestor et Timothée n’hésitent pas une seule seconde, surtout quand Samuel se propose de payer la moitié du loyer ! A peine installés, Samuel se retrouve sur la paille mais décide de ne rien dire aux autres et d’assumer sa part en se mettant à vendre de l’herbe.

Le premier film d’Igor Gotesman invente un vrai ton de comédie, bien aidé par une mise-en-scène qui sait où elle va et digère parfaitement ses influences, d’Apatow à Klapisch. Les productions hexagonales reposent souvent sur des effets de situation ou des punch-lines plus ou moins bien vendues. Les dialogues d’Igor Gotesman jouent au contraire la carte de la fluidité, du ping-pong verbal, des silences et des malaises. Une science du timing parfaitement illustrée par l’un des teasers qui démontre un vrai talent de directeur d’acteurs. Une scène d’apparence anodine que les seules variations de débit de Pierre Niney rendent hilarante. Un travail minutieux de cadence et de rythme, parfaitement exécuté, que l’on retrouve rarement au sein de la comédie française.

Pierre Niney s’approprie un flow de comédie très particulier, qui donne au film une vraie singularité. Le comédien démontre des dispositions comiques étonnantes et forme un duo très attachant avec un excellent François Civil, qui lui vole parfois la vedette. Michèle Moretti brille également, dans un beau second rôle qui emmène le film vers une plus grande sérénité. Five n’est clairement pas la comédie du siècle en raison d’un pitch faiblard, déroulant mollement son histoire de petit bourge qui se met au deal pour maintenir son niveau de vie. Le scénario oublie trois de ses cinq personnages principaux en route et tombe parfois dans les facilités du « film de potes » qu’il prétend renouveler. Reste une vraie proposition de comédie « moderne », très travaillée, réellement mise-en-scène, séduisant par sa mélodie atypique.

Gilles Hérail

Five, une comédie française d’Igor Gotesman avec Pierre Niney et François Civil, durée 1h42, sortie le 30/03/2016

Visuels : ©  affiche et bande-annonce officielles du film

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