« Comme des rois » Chronique sociale et filiale lumineuse

30 mai 2018 Par
Gilles Herail
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 Xabi Molia signe une chronique sociale et filiale lumineuse, qui parle avec la même justesse de la résilience en temps de crise et de la relation complexe entre un père et son fils. Kacey Mottet Klein rayonne aux côtés de Kad Merad et Sylvie Testud. Notre critique du film.

Synopsis officiel: Joseph ne parvient pas à joindre les deux bouts. Sa petite entreprise d’escroquerie au porte-à-porte, dans laquelle il a embarqué son fils Micka, est sous pression depuis que le propriétaire de l’appartement où vit toute sa famille a choisi la manière forte pour récupérer les loyers en retard. Joseph a plus que jamais besoin de son fils, mais Micka rêve en secret d’une autre vie. Loin des arnaques, loin de son père…

0003722-jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxxXabi Molia (8 fois debout, Les conquérants) est un cinéaste encore méconnu, qui mériterait pourtant de rencontrer le succès auprès du grand public. Comme des rois a bénéficié d’un vrai enthousiasme critique mais le public ne s’est malheureusement pas déplacé en masse (le film reste à l’affiche dans le circuit art-et-essai et les petites salles). Le cinéaste a réuni un casting mélangeant des figures populaires (Kad Merad, Sylvie Testud) et un des grands espoirs du cinéma français (Kacey Mottet Klein) dans une chronique sociale et filiale magnifiquement interprétée. Comme des rois est un film difficile à catégoriser et sa bande-annonce a d’ailleurs du mal à capturer cette tonalité très particulière, relevant à la fois de la fable, de la comédie, du drame, du film d’arnaque et du récit initiatique.

Le scénario est ancré dans la réalité et présente des personnages qui survivent comme ils le peuvent, entre petits boulots et petits coups, face à la crise et aux menaces qui pèsent sur eux. Mais Xabi Molia ajoute à la comédie sociale d’autres teintes, plus inattendues. Une relation complexe entre un père et un fils, qui trouve de belles émotions. Et le portrait d’un jeune adulte qui reste profondément naïf, malgré le déterminisme qui l’entoure. Kacey Mottet Klein impressionne dans ce rôle auquel il apporte une vraie lumière, donnant de la profondeur à ce jeune mec un peu paumé, qui se sait à deux doigts de basculer dans l’existence de petit malfrat qu’a toujours connue son père. Alors qu’il souhaite poursuivre sa passion, le théâtre, qui ne colle pas à ce qu’on attend de lui, mais s’impose petit à petit comme une évidence. Comme des rois est un film profondément attachant, qui respecte chacun de ses personnages, leur donne de l’épaisseur, du romanesque. Une très jolie surprise, à l’atmosphère et à la réalisation très soignées, que l’on vous recommande chaudement.

Comme des rois, une comédie dramatique de Xabi Molia avec Kad Merad, Kacey Mottet Klein et Sylvie Testud, durée 1h24, sortie le 2 mai 2018

Gilles Hérail

Bande-annonce et visuels officiels.