[Critique] « Everybody wants some » Richard Linklater s’offre son « college movie »

23 avril 2016 Par Gilles Herail | 0 commentaires

Richard Linklater s’offre un petit plaisir coupable avec son « college movie » nostalgique, baignant dans les musiques, les fringues et les ambiances des années 80. Everybody wants some joue la carte du vintage et du kitsch, au détriment de l’univers chaleureux et intimiste qui faisait le charme de la série des Before Sunset et de son dernier film, Boyhood. Une pause agréable mais mineure dans la filmographie du cinéaste. Notre critique.

Note de la rédaction :

Extrait du synopsis officiel : Dans les années 80, suivez les premières heures de Jake sur un campus universitaire. Avec ses nouveaux amis, étudiants comme lui, il va découvrir les libertés et les responsabilités de l’âge adulte. Il va surtout passer le meilleur week-end de sa vie…

Richard Linklater est un cinéaste de la chronique humaine, auteur d’une filmographie incroyablement attachante qui revisite les grandes étapes de construction de soi. La rencontre, les retrouvailles et la vie commune d’un couple dans la trilogie des Before Sunset, Before Sunrise et Before MidnightL’enfance, l’adolescence et le passage à l’âge adulte dans Boyhood. Et maintenant les années universitaires, et la vie de campus dans son nouveau filmLe cinéaste a pris des distances avec son style intimiste pour proposer un divertissement coloré, kitsch, assumant des traits plus forcés qu’à l’accoutumée. Everybody wants some se concentre sur quelques jours de pré-rentrée pour capter l’effervescence de la découverte d’un nouveau terrain de jeu, ses règles et surtout sa liberté. En suivant l’intégration d’un jeune « freshman » qui rejoint l’équipe de baseball de l’université et va découvrir les joies tourbillonnantes du « college ». 

On retrouve la patte de Linklater dans un scénario volontairement bavard, réduisant l’intrigue au maximum pour proposer des scènes de vie qui servent de fil rouge. Le récit s’organise autour de fêtes étudiantes qui sont l’occasion de revisiter les grands courants culturels de l’époque, leurs musiques, leurs codes, et leurs improbables vêtements. Everybody wants some nous embarque dans une boite disco avant de se frayer un chemin dans un bar country, passer une tête dans un concert punk et squatter une fête alternative et artistiques. La bande originale joue à fond son rôle de machine à remonter dans le temps et l’énergie de la troupe d’acteurs nous fait passer un bon moment. Quelques personnages sortent du lot, notamment le beau-parleur intello séducteur interprété par Glen Powell. Richard Linklater ne retrouve en revanche pas la sensibilité, la tendresse et la proximité qui faisaient le charme de ses précédents films. Une pause divertissante mineure, qui manque un peu de profondeur.

Gilles Hérail

Everybody wants some, une comédie dramatique américaine de Richard Linklater avec Blake Jenner, Ryan Guzman et Tyler Hoechlin, durée 1h57, sortie le 20/04/2016 

Visuels : ©  affiche et bande-annonce officielles du film

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