[Critique] du film « The lost city of Z » de James Gray : Soif d’exploration et d’humanisme

20 mars 2017 Par
Gilles Herail
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James Gray signe un grand film sur l’exploration, la soif de découverte et l’humanisme. The lost city of Z est une épopée intime fascinante, magnifiquement filmée et brillamment interprétée (Charlie Hunnam, Robert Pattinson et Sienna Miller). Un long-métrage puissant, profond, qui nous embarque dans un voyage existentiel envoutant. Notre critique

Extrait du synopsis officiel : L’histoire vraie de Percival Harrison Fawcett, un des plus grands explorateurs du XXe siècle. Percy Fawcett est un colonel britannique reconnu et un mari aimant. En 1906, alors qu’il s’apprête à devenir père, la Société géographique royale d’Angleterre lui propose de partir en Amazonie afin de cartographier les frontières entre le Brésil et la Bolivie. Sur place, l’homme se prend de passion pour l’exploration et découvre des traces de ce qu’il pense être une cité perdue très ancienne. De retour en Angleterre, Fawcett n’a de cesse de penser à cette mystérieuse civilisation, tiraillé entre son amour pour sa famille et sa soif d’exploration et de gloire…

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James Gray (The Immigrant, Two Lovers, We own the Night) fait partie des réalisateurs les plus talentueux de sa génération, directeur d’acteurs hors-pair, metteur-en-scène inspiré et scénariste puissant. Un cinéaste du romanesque qui nous renverse une nouvelle fois en revisitant le genre tombé en désuétude du film d’explorateur. The lost city of Z s’intéresse au destin méconnu de Percy  Fawcett, colonel de l’armée britannique missionné par la prestigieuse Société géographique royale d’Angleterre pour cartographier la frontière entre le Brésil et la Bolivie. Un militaire reconnu pour son intelligence et ses compétences, qui doit pourtant faire face au plafond de verre immuable que représente son patronyme. Dans une Angleterre du début du 20ème siècle étouffée par les conventions sociales et corsetée par ses hiérarchies familiales.

Fawcett va tomber amoureux de cette Amazonie qu’il ne connaissait pas et dévoiler des capacités insoupçonnées de résilience en terre hostile. Entamant une seconde vie dédiée à la valorisation de la culture amérindienne, alors que sa soif d’aventures et d’humanisme prend le pas sur son ambition initiale de revanche sociale. James Gray signe un long-métrage fleuve qui nous embarque sur plus de 20 ans dans cette extraordinaire épopée. Aux côtés d’un héros fascinant qui gagne en densité et au profondeur à chaque nouveau voyage. The Lost city of Z installe une atmosphère quasi spirituelle et distille un sentiment profond d’apaisement en suivant l’évolution de cet explorateur hors du commun qui sacrifiera sa vie familiale et sa carrière prometteuse pour atteindre son but ultime. Récolter les preuves de l’existence d’une civilisation antique qui tordrait le coup aux discours sur l’infériorité des « races » indigènes.

James Gray signe peut-être ici son film le plus abouti, le plus puissant et le plus ambitieux, porté par sa mise-en-scène à la fois intimiste et grandiose, qui accompagne des comédiens au sommet de leur art. Charlie Hunnam crève l’écran, transmettant un sentiment d’autorité tranquille, brûlant d’une passion raisonnée tout en dégageant une intense sérénité. Parfaitement secondé par Robert Pattinson (attachant compagnon de route de Fawcette) et Sienna Miller (femme de caractère et de conviction). The lost City of Z est à la fois l’histoire d’un couple moderne qui pense son égalité, la biographie d’un aventurier des temps modernes, le voyage existentiel d’un homme, un portrait de la société anglaise des années 1900 et une critique philosophique de l’idéologie de la colonisation. Un grand film, profondément romanesque et humaniste, à découvrir absolument en salles.

Gilles Hérail

The lost city of Z, un film américain de James Gray avec Charlie Hunnam, Robert Pattinson et Sienna Miller, durée 2h21, sortie le 15/03/2017

Visuels : © affiche et bande-annonce officielles du film