[Critique] du film « Problemos » Eric Judor se moque gentiment des zadistes

14 mai 2017 Par
Gilles Herail
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La première réalisation solo d’Eric Judor séduit grâce à l’implication de Blanche Gardin, à la fois sur le scénario et en tant que second rôle. Problemos se moque gentiment des milieux communautaires écolo-alternatifs, dans la lignée de Wanderlust et des Babas Cool. En s’essoufflant dans sa deuxième partie mais avec pas mal de bonne humeur. Notre critique.

Extrait du synopsis officiel : Jeanne et Victor sont deux jeunes Parisiens de retour de vacances. En chemin, ils font une halte pour saluer leur ami Jean-Paul, sur la prairie où sa communauté a élu résidence. Le groupe lutte contre la construction d’un parc aquatique sur la dernière zone humide de la région, et plus généralement contre la société moderne, la grande Babylone. Séduits par une communauté qui prône le « vivre autrement », où l’individualisme, la technologie et les distinctions de genre sont abolis, Jeanne et Victor acceptent l’invitation qui leur est faite de rester quelques jours. Lorsqu’un beau matin la barrière de CRS qui leur fait face a disparu…la Communauté pense l’avoir emporté sur le monde moderne. Mais le plaisir est de courte durée…à l’exception de leur campement, la population terrestre a été décimée par une terrible pandémie. Ce qui fait du groupe les derniers survivants du monde. Va-t-il falloir se trouver de nouveaux ennemis pour survivre ?

problemos

Éric Judor signe sa première réalisation sans Ramzy et abandonne par la même occasion le style inimitable du duo. Au profit de l’écriture très différente mais tout aussi croustillante de Blanche Gardin , qui brille également à l’écran. Problemos chronique avec un peu de mauvaise foi et pas mal de tendresse les milieux new-age, zadistes, écolos-communautaires (etc.), nés dans les années 1960 et qui renaissent ici et là à l’occasion de projets contestés comme Notre Dame des Landes. La comédie est collective et joue sur les interactions de groupe, évitant intelligemment la tentation du one-man show pour offrir son heure de gloire à chacun des seconds rôles. Le scénario moque habilement les immanquables contradictions de ces communautés alternatives qui oscillent entre horizontalité et culte du chef et doivent se battre en permanence contre les réminiscences individualistes qui rôdent ! La bonne humeur l’emporte assez rapidement même si la seconde partie du film peine à se renouveler (l’argument de l’épidémie mondiale restant sous-exploité). Problemos parlera beaucoup aux bobos qui se reconnaîtront immanquablement mais risque en revanche de laisser sur le côté les autres spectateurs qui auront un peu plus de mal à s’identifier. Tout en appréciant le vrai soin apporté aux dialogues, la performance hilarante de Blanche Gardin et la sympathie générale qui se dégage de l’ensemble, dans la liguée de Wanderlust (Jenifer Aniston et Paul Rudd) et Les babas cools (Clavier, Frot, etc.).

Gilles Hérail

Problemos, une comédie d’Eric Judor avec Eric Judor, Blanche Gardin, Youssef Hajdi, durée 1h25, sortie le 10 mai 2017

Visuels : © affiche et bande-annonce officielles du film

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COMMENTAIRES:

  1. InternetDev

    un hommage à Rémy Fraisse ?

    il y a des sujets moins drôles que d’autres

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