[Critique] du film «Les figures de l’ombre » femmes, noires, pionnières et conquérantes de l’espace !

11 mars 2017 Par
Gilles Herail
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Theodore Melfi signe un film charmant sur le destin hors du commun de trois femmes noires engagées dans la course pour la conquête de l’espace. Les figures de l’ombre (Hidden Figures) chronique la double ségrégation du genre et de la couleur de peau tout en proposant un récit enthousiasmant sur le dépassement de soi. Du cinéma hollywoodien grand public éclairant, intelligent et séduisant. Notre critique

Extrait du synopsis officiel : Le destin extraordinaire des trois scientifiques afro-américaines qui ont permis aux États-Unis de prendre la tête de la conquête spatiale, grâce à la mise en orbite de l’astronaute John Glenn. Maintenues dans l’ombre de leurs collègues masculins et dans celle d’un pays en proie à de profondes inégalités, leur histoire longtemps restée méconnue est enfin portée à l’écran.

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Theodore Melfi s’est intéressé au destin extraordinaire de trois pionnières, femmes noires dans un monde d’hommes blancs, engagées dans la folle course USA/URSS pour la conquête spatiale. Les figures de l’ombre est un film de « réhabilitation », qui met en lumière des parcours passionnants relégués aux oubliettes de l’histoire. L’enjeu est bien évidemment pédagogique mais le traitement se rapproche plus de productions populaires « feel-good » comme Le discours d’un roi ou Slumdog Millionnaire. Hidden figures s’appuie sur un scénario béton, qui équilibre parfaitement légèreté et profondeur, militantisme et bons sentiments, récits individuels et Histoire collective. Les producteurs ont eu la bonne idée de  caster des premiers rôles peu connus du grand public (Taraji P. Henson, Octavia Spencer et Janelle Monáe), qui apportent au film beaucoup de fraîcheur. Alors que quelques stars (Kevin Costner, Kirsten Dunst) apparaissent en arrière-plan pour apporter un peu de visibilité au projet.

Les figures de l’ombre passionne en explorant toute la richesse de son sujet. La ségrégation d’abord, chroniquée dans ses détails les plus concrets : la machine à café réservée aux noirs, les toilettes séparées, les sections différenciées à la bibliothèque, les écoles 100% blanches, etc. Le sexisme d’autre part, alors que la NASA des années 1950 cantonne les femmes à des rôles d’exécutantes, de secrétaires ou de petites mains. Mais aussi les prémices de la révolution numérique, au moment où premier ordinateur IBM vient remettre en cause le métier des « calculettes » humaines. Les trois héroïnes sont à la croisée de ces enjeux : combattantes pour l’égalité raciale, féministes conquérantes et parties-prenantes d’un des grands défis technologiques du 20ème siècle. Trois femmes hors du commun auxquelles on s’attache immédiatement et qui nous offrent un shoot jubilatoire de rêve américain. A voir absolument !

Gilles Hérail

Les figures de l’ombre (Hidden Shadows), un film américain de Theodore Melfi avec Taraji P. Henson, Octavia Spencer et Janelle Monáe, durée 1h37, sortie le 08/03/2017

Visuels : © affiche et bande-annonce officielles du film