[Critique] du film « La planète des singes 3 Suprématie » Conclusion en beauté d’une passionnante trilogie

17 août 2017 Par
Gilles Herail
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La planète des singes 3 Suprématie conserve la marque de fabrique d’une franchise qui détonne dans l’univers des blockbusters contemporains. Un parti pris tragico-intimiste, entre Machiavel et Shakespeare, proposant un divertissement éclairé tout en offrant un grand spectacle techniquement bluffant. Notre critique

Extrait du synopsis officiel : Dans ce volet final de la trilogie, César, à la tête des Singes, doit défendre les siens contre une armée humaine prônant leur destruction. L’issue du combat déterminera non seulement le destin de chaque espèce, mais aussi l’avenir de la planète.

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On vous avait ici des deux premiers épisodes de cette franchise pas comme les autres. Affichant fièrement sa prouesse technique (l’incroyable réalisme des personnages simiesques) pour mieux se permettre d’offrir un récit ouvertement intimiste. Le premier opus voyait déjà le chimpanzé César voler la vedette à la star James Franco. La suite confirmait ce parti pris de reléguer les personnages humains au rang de simple faire-valoir en se consacrant aux luttes internes du leadership singe. L’épisode de conclusion s’attache lui aux tourments du chef, en face à face avec lui même. Tiraillé entre la responsabilité qu’il porte envers son clan (en attente d’un guide vers la terre promise) et la soif de vengeance personnelle qu’il n’arrive à maîtriser.

Le décor est celui d’un western, où les codes de la science-fiction n’apparaissent qu’en arrière-plan. Une équipée à cheval mettant en scène quatre personnages singes que l’on a appris à connaître dans les précédents films. Rejoints par deux rescapés portant les stigmates du conflit qui fait rage entre les derniers survivants de la Planète. Les choix radicaux de la franchise sont conservés, assumant d’aller lentement et refusant le spectaculaire gratuit. Le spectateur est invité à suivre des conversations entières en langue de signes, y compris dans les moments les plus émouvants. La violence est filmée sans fascination, sonnant comme l’échec d’une civilisation incapable de s’extraire de ses instincts les plus primitifs. On regrette quelques dialogues psychanalytiques un peu lourds et des références bibliques un poil soulignées mais La planète des singes Suprématie fait très clairement partie des meilleurs blockbusters US de l’année.

Gilles Hérail

La planète des singes 3 Suprématie, un drame de science-fiction américain de Matt Reeves avec Andy Servis et Woody Harrelson, durée 2h20, sortie le 2 août 2017

Visuels : © affiche et bande-annonce officielles du film