[Critique] du film « Jason Bourne » Matt Damon et Paul Greengrass en manque d’inspiration

14 août 2016 Par Gilles Herail | 0 commentaires

Jason Bourne retrouve son équipe de choc (Matt Damon / Paul Greengrass) après un spin-off oubliable mettant en scène Jeremy Renner. La première heure rythmée réserve une séquence scotchante de course-poursuite à pied au cœur de violentes émeutes urbaines à Athènes. La deuxième heure ne tient en revanche pas ses promesses et frôle parfois le nanar avec  des personnages caricaturaux (Tommy Lee Jones et Vincent Cassel), un scénario brouillon et des scènes d’action déjà vues. Notre critique.

Note de la rédaction :

Extrait du synopsis officiel : La traque de Jason Bourne par les services secrets américains se poursuit. Des îles Canaries à Londres en passant par Las Vegas…

Jason Bourne n’a jamais fonctionné très fort en France (entre 600.000 et 1.500.000 entrées par épisode) mais fait partie des franchises les plus populaires (et lucratives) aux États-Unis. La série initiée par Doug Liman et reprise par Paul Greengrass a su renouveler le genre du film d’espionnage en installant un rythme effréné façon 24 heures chrono et en inventant une nouvelle manière de filmer les séquences d’action. Le 5ème épisode de la franchise n’a plus grand chose de neuf à proposer alors que la concurrence s’est appropriée ces codes et que l’effet de surprise a disparu. La première heure est pourtant prometteuse, introduisant un Matt Damon rugueux, insensible, robotique. Et nous proposant une incroyable séquence de course-poursuite à pied, en immersion au cœur d’émeutes urbaines violentes à Athènes. Le style Greengrass fonctionne alors à fond, maitrisant parfaitement son intensité, alors que les chasseurs et les proies tentent de fendre le chaos de la foule en colère.

Les choses se compliquent dans la deuxième partie du film qui se prend les pieds dans le tapis et frôle parfois le nanar. Le script s’attaque sans trop y croire à une histoire d’espionnage de masse avec un avatar de Mark Zukerberg  qui deale avec la CIA et des Anonymous qui veulent l’exposer. Une thématique-prétexte qui n’est jamais explorée sérieusement au profit d’une sous-intrigue sans intérêt cherchant à relier artificiellement le script au reste de la franchise. Les « méchants » caricaturaux ne tiennent pas la route et personne ne s’étonne que Tommy Lee Jones (directeur de la CIA) et son chien d’attaque (Vincent Cassel) tuent froidement 40 personnes et tentent d’assassiner leur Zuckerberg en pleine conférence de presse. L’interminable séquence d’action automobile finale et les relents de complotisme achèvent de nous convaincre que Jason Bourne a fait son temps. Le cru 2016 des blockbusters hollywoodiens se termine comme il a commencé. Avec une nouvelle déception.

Gilles Hérail

 Jason Bourne, un film d’action de Paul Greengrass avec Matt Damon, Tommy Lee Jones et Alicia Vikander, durée 2h03, sortie le 10/08/2016

Visuels : © affiche et bande-annonce officielles du film


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