[Critique] du film « Dégradé » Vénus Beauté palestinien sur la vie de femme à Gaza

30 avril 2016 Par Gilles Herail | 0 commentaires

Le premier film d’Arab et Tarzan Nasser reprend le cadre de Vénus Beauté Institut et Caramel pour dessiner sa chronique de vie des femmes palestiniennes de Gaza. Les portraits et la dramatisation du récit sont parfois stéréotypés mais Dégradé offre un témoignage intéressant sur le quotidien d’une population prise au piège.  Voir également notre critique publiée lors du festival de Cannes l’année dernière.

Note de la rédaction :

Extrait du synopsis officiel : Une famille mafieuse a volé le lion du zoo de Gaza et le Hamas décide de lui régler son compte ! Prises au piège par l’affrontement armé, treize femmes se retrouvent coincées dans le petit salon de coiffure de Christine. Ce lieu de détente devenu survolté le temps d’un après-midi va voir se confronter des personnalités étonnantes et hautes en couleur, de tous âges et de toutes catégories sociales…

La situation de la Palestine et de Gaza ont déjà inspiré le cinéma d’auteur international avec Le cochon de Gaza, Girafada ou le documentaire This is my land. Le premier film d’Arab Nasser et Tarzan Nasser, remarqué à la semaine de la critique de Cannes l’année dernière, apporte un point de vue complémentaire en reprenant le concept de Vénus Beauté Institut et Caramel. Dégradé s’installe dans un salon de coiffure gazaouie où se rencontrent des femmes palestiniennes de différents, âges, milieux et caractères. Pour un huit-clos qui passe progressivement de la comédie de caractères à la Jaoui/Bacri à la chronique du quotidien d’une population prise au piège. Dégradé réunit un casting d’actrices talentueuses, mené par la Hiam Abbass, qui discutent, rigolent, s’envoient des piques, s’engueulent au sein d’un espace fermé qui devient de plus en plus suffocant. Le parti-pris de ne quasiment jamais sortir du salon permet de laisser la violence en arrière-plan pour se concentrer sur une galerie de personnages féminins qui doivent gérer la guerre au quotidien.

Le film évoque relativement peu les relations avec Israël qui n’apparait qu’à travers le récit des checkpoints et l’évocation des drones. Car le scénario souhaite surtout parler du chaos ambiant d’un territoire divisé entre les oppositions internes Fatah/Hamas et affecté par la présence de conflits claniques et de groupes mafieux qui prennent la population en otage. Les héroïnes du film viennent de classes sociales différentes, ont des rapports différents à la « Résistance », à la religion, aux hommes, à leur féminité, dissertent sur des sujets anecdotiques ou politiques. Pour former un condensé de Palestine, souvent drôle, parfois un peu schématique. L’utilisation des stéréotypes est la force et la limite d’un film très écrit, qui manque parfois de naturel et a du mal à s’éloigner de ses cadres et de ses références. Dégradé reste un témoignage passionnant sur la complexité de la situation palestinienne, adoptant un regard féminin et féministe que l’on n’avait pas eu l’habitude de voir au cinéma. A découvrir en salles.

Gilles Hérail

Dégradé, un huit-clos franco-palestinien d’Arab Nasser et Tarzan Nasser avec Hiam Abbass, Victoria Balitska et Manal Awad,durée 1h23, sortie le 27/04/2016 

Visuels : ©  affiche et bande-annonce officielles du film


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