[Critique] du film « De douces paroles » touchante quête identitaire d’une fratrie israélienne

28 mai 2016 Par Gilles Herail | 0 commentaires

De douces paroles (Hamilim Hatovot) arrive en France auréolé d’un large succès au box-office israélien et d’une pluie de nominations aux Ophirs (Césars locaux). Le réalisateur Shemi Zarhin signe une comédie dramatique souvent touchante, sur l’histoire de trois frères et sœurs à la recherche de leurs racines, dans une quête identitaire illustrant les questionnements contemporains de la société israélienne.

Note de la rédaction :

Extrait du synopsis officiel : À la mort de leur mère, une jeune femme israélienne et ses deux frères découvrent qu’elle avait enfoui un important secret. La quête de la vérité va les entraîner jusqu’en France, dans un voyage qui provoquera un chaos sans nom, tour à tour tragique et hilarant, au milieu duquel Dorona, Natanel et Shai s’interrogeront sur leur identité, sur la vérité et sur l’amour.

Le nouveau long-métrage de Shemi Zarhin (Bonjour Monsieur Shlomi) prend la forme d’une comédie dramatique familiale, suivant la quête identitaire d’une fratrie endeuillée qui découvre la vie cachée de leur mère (thématique récemment développée par D’une pierre deux coups)Une révélation redéfinissant leur filiation, leurs origines, et la manière dont ils se définissent. De douces paroles met en scène deux frères et une sœur, incarnant différentes facettes de la société israélienne. Un aîné conservateur, respectant les principes religieux à la lettre (et avec zèle), raciste envers les arabes. Un cadet qui se cherche, oiseau de nuit, jeune papa, s’étant découvert bisexuel sur le tard. Et une sœur rebelle, moquant l’orthodoxie de son frère, démarrant au quart de tour et cachant sa fragilité par un cynisme désabusé. Une fratrie attachante, complice, qui va se réunir pour rechercher le père biologique dont ils ne connaissaient pas l’existence.

La réalisation ne brille pas par son inventivité mais accompagne efficacement cette quête des origines, entre Israël, l’Algérie et la France. L’esprit est à la comédie douce-amère, un ton à la Rémi Bezançon, qui joue sur le naturel des interactions dans chaque scène et rend chaque personnage attachant. Tout en posant des questions plus profondes sur les défis identitaires de la société israélienne. Les dialogues abordent régulièrement les différents rapports à la judéité, aux rites, aux préjugés sur les arabes, à l’antisémitisme, à la paranoïa. Avec une liberté de ton certaine et une vraie drôlerie, qui permet au film d’évite le mélo. L’enquête familiale a du mal à se clore et le script aurait gagné à raccourcir sa dernière partie qui s’éternise. De douces paroles est malgré tout un divertissement très recommandable, qui permet de découvrir un cinéma israélien contemporain populaire et feel-good. Récompensé par un bel accueil critique et un succès au box-office local qui n’ont rien d’immérité.

Gilles Hérail

De douces paroles (Hamilim Hatovot), une comédie dramatique israélienne de Shemi Zarhin avec Rotem Zismann-Cohen, Roy Assaf, Assaf Ben-Shimondurée 1h58, sortie le 25/05/2016

Visuels : © affiche et bande-annonce officielles du film

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