[Critique] du film « Camping 3 » Franck Dubosc et Onteniente tentent de faire jeune

2 juillet 2016 Par Gilles Herail | 1 commentaire

Franck Dubosc, Antoine Duléry, Claude Brasseur et Mylène Demongeot sont rejoints par Michèle Laroque et Gérard Jugnot et une bande (insipide) de trois (post) ados. Fabien Onteniente joue la carte du jeunisme pour draguer un nouveau public, malheureusement sans grand succès. Camping 3 est parfois tendre, son Patrick Chirac toujours aussi charismatique, mais les rires se font rares et l’écriture laisse toujours autant à désirer. Notre critique.

Note de la rédaction :

Extrait du synopsis officiel : comme chaque été, au Camping des Flots Bleus se retrouvent pour leurs vacances nos amis, Les Pic, Jacky et Laurette, Gatineau, tout juste divorcé de Sophie, le 37, et Patrick Chirac fidèle à ses habitudes. Cette année, Patrick a décidé de tester le co-voiturage… Pensant traverser la France avec Vanessa, il se retrouve avec trois jeunes dijonnais : Robert le charmeur, Benji le beau gosse et José la grande gueule.

Camping est une des franchises les plus puissantes de la comédie française et le démarrage canon au box-office mercredi (400.000 entrées) a confirmé l’attente des spectateurs pour ce troisième opus. Gérard Lanvin et Mathilde Seigner ne sont plus de la partie et Fabien Onteniente a recruté trois jeunes héros pour les remplacer, en emmenant le film sur le terrain de l’humour conflits de génération. Les trois ados sont définis par un adjectif clef et une origine/couleur de peau: « Robert le charmeur » (noir), « Benji le beau gosse » (français) et « José la grande gueule » (portugais). Et leur caractérisation s’arrêtera là, avec des dialogues très faibles, une absence totale d’évolution et un aspect sitcom de vacances qui s’intègre mal dans l’univers de la franchise. Les rôles féminins sont comme souvent oubliés et les jeunes femmes ne sont ici que fille de ou copine potentielle. L’évolution de Camping sur ce terrain est symptomatique d’une envie du cinéma français de s’ouvrir aux 15/24, plus enclins à aller voir les blockbusters américains du moment. Mais on reste sceptique sur la capacité d’un film très vieillot qui essaie (désespérément) de faire jeune à aller chercher ce nouveau segment.

Camping 3 est bien meilleur en recentrant son récit sur la figure de Patrick Chirac, roi du camping qui joue encore au Don Juan mais y croit beaucoup moins qu’avant. Légende locale qui vit sur sa gloire passée tout en sentant le vent commencer à tourner. Franck Dubosc connait son personnage par cœur, dégaine les meilleures répliques et fait même parfois oublier la faiblesse des trois jeunes acteurs, en installant une vraie complicité. On ressent un peu de tendresse face à ce vieux con attachant qui s’essaie à la transmission de valeurs avec la nouvelle génération. Mais le scénario, incroyablement décousu, a du mal à se relancer et patine très vite. Il faut alors regarder vers des sous-intrigues et des scénettes assumant un humour de mauvais goût pour sortir le public de son ennui. Antoine Duléry se posera des questions sur sa sexualité (rassurez-vous, ce n’était qu’une erreur de passage…), Cristiana Réali aura une jambe en bois et une démarche bizarre, Claude Brasseur fera semblant d’avoir Alzheimer et Jugnot deviendra hystérique en prenant des drogues. Trop peu d’éléments pour passer un bon moment et une impression  de mollesse généralisée, qui n’a d’ailleurs pas déridé plus que ça la salle.

Gilles Hérail

Camping 3, une comédie française de Fabien Onteniente avec Franck Dubosc, Claude Brasseur, Mylène Demongeot, Antoine Duléry, Michèle Laroque et Gérard Jugnot, durée 1h45, sortie le 29/06/2016

Visuels : © affiche et bande-annonce officielles du film

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