[Critique] du film « Barry Seal : American Traffic » Tom Cruise, idiot utile flamboyant de la CIA

18 septembre 2017 Par
Gilles Herail
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Barry Seal : American Traffic (American Made) est un délice auto parodique pour fans de Tom Cruise. Qui en profite pour évoquer en arrière plan les délires de la CIA flamboyante et sans scrupules des années Reagan. Une comédie d’action sympathique entre Knight and Day et Lord of War.

Extrait du synopsis officiel : L’histoire vraie de Barry Seal, un pilote arnaqueur recruté de manière inattendue par la CIA afin de mener à bien l’une des plus grosses opérations secrètes de l’histoire des Etats-Unis.

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Tom Cruise a perdu de sa superbe au box-office depuis une dizaine d’années. La suite de Jack Reacher est passée inaperçue, l’improbable reboot de la Momie n’a été sauvé que par la Chine. Et Barry Seal : American Traffic démarre un peu partout sa carrière comme une modeste série B plutôt qu’un blockbuster digne de ce nom. On y retrouve pourtant la bonne humeur de Knight and Day, un soupçon de charme rétro 80s et une dimension auto-parodique réjouissante. Donnant l’occasion au comédien de retrouver l’ambiance de ses premiers films, mais avec vingt ans de plus. Avec un personnage aussi insupportable qu’inexplicablement sympathique, arrogant, amoral mais à l’enthousiasme enfantin désarmant.

Doug Liman (Edge of tomorrow) est solide aux manettes, accompagnant avec ce qu’il faut de spectaculaire mais surtout d’ironie et de distance cet improbable récit pourtant inspiré d’une histoire vraie. Le scénario emmène en effet le film sur les terres de Lord of War et War Dogs en s’inspirant de l’histoire d’un petit arnaqueur qui devient, un peu malgré lui, impliqué dans des affaires qui prennent une ampleur de plus en plus incontrôlable. Un pilote opportuniste qui va bénéficier des largesses de la CIA mais aussi d’un cartel de drogues au business florissant dirigé par un certain Pablo Escobar. Photographe espion pour l’Agence, livreur d’armes pour rebelles anti-communistes, passeur de cocaïne, livreur d’armes pour narco-trafiquants, formateur de rebelles anti-communistes. Le tout avec la bienveillance des autorités et un enrichissement personnel qui prend des proportions absurdes.

Barry Seal : American Traffic n’a pas l’ambition d’être un brûlot politique mais a le mérite de rappeler les agissements plus que douteux de la CIA en Amérique Latine, dans des années Reagan où la « diplomatie » américaine ne se posait plus aucune limites. Le ton est frivole, les traits grossis, mais le récit fait froid dans le dos. Montrant comment un idiot utile, tête brûlée, a pu manger à tous les rateliers pendant plus de dix ans, sans jamais être inquiété. Drôle, instructif, et témoin d’une époque.

 Gilles Hérail

Barry Seal, une comédie d’action américaine de Doug Liman avec Tom Cruise durée 1h55, sortie le 13 septembre 2017

Visuels : © affiche et bande-annonce officielles du film