[Critique] « Creed » Rocky Balboa s’est trouvé un digne héritier !

15 janvier 2016 Par Gilles Herail | 0 commentaires

Sylvester Stallone a eu la bonne idée de relancer la saga Rocky en s’effaçant au profit d’un nouveau héros (incarné par Michael B. Jordan) et en recrutant un jeune réalisateur prometteur (Ryan Coogler).  Creed l’héritage de Rocky Balboa insuffle de la modernité à la saga tout en conservant son charme nostalgique et ses bonnes valeurs. Pour nous proposer un divertissement très efficace qui tient autant du mélodrame social que du film de boxe. Une bonne surprise.

Note de la rédaction :

Extrait du synopsis officiel : Adonis Johnson n’a jamais connu son père, le célèbre champion du monde poids lourd Apollo Creed décédé avant sa naissance. Pourtant, il a la boxe dans le sang et décide d’être entraîné par le meilleur de sa catégorie. À Philadelphie, il retrouve la trace de Rocky Balboa, que son père avait affronté autrefois, et lui demande de devenir son entraîneur. D’abord réticent, l’ancien champion décèle une force inébranlable chez Adonis et finit par accepter…

Sylvester Stallone  a réussi son come-back il y a quelques années en relançant plusieurs de ses vieilles franchises et en jouant avec son image de star vieillissante. Après 3 Expendables, 1 Rambo et Rocky Balboa, la remise en question semblait pourtant plus que jamais nécessaire. Creed est né de cette volonté de réinventer Rocky pour lui insuffler une bonne dose de modernité, tout en restant fidèle aux valeurs de la saga. L’ambition est proche du dernier Star Wars mais le produit final est autrement plus réussi. Creed s’est offert un nouveau héros, plus jeune, mû par des motivations et une histoire personnelle très différentes. Un « fils de », élevé dans une famille riche après un passage par l’orphelinat. Un jeune afro-américain incapable de maitriser ses accès de colère, écrasé par la figure du père et décidant de plaquer une situation professionnelle stable pour se lancer dans la boxe. Rocky était l’outsider inconnu vivant le rêve américain. Creed cherche lui à mériter son nom, hérité d’une légende de la boxe qui apparaissait dans la série.

Les enjeux sont différents mais le scénario garde avec beaucoup d’habileté les éléments clefs de la franchise. Une croyance naïve dans la valeur du travail, de l’apprentissage, de l’entrainement. Un respect absolu de la boxe, ses légendes, ses valeurs. Et une sincérité à toute épreuve dans ses ambitions sociales et mélodramatiques. Du cinéma de papa parfaitement exécuté, ultra efficace, aussi bien dans ses scènes de combat que dans ses séquences plus intimistes. Les touches de modernité donnent un peu d’air à un film qui ne se complait pas uniquement dans la nostalgie. La bande-son a changé. Adrian a laissé place à une chanteuse envoutante un peu hipster. Et Stallone prend un malin plaisir à se confronter à la nouvelle génération, autorisant les petits jeunes à se moquer (tendrement) de son obsolescence. L’acteur s’est offert un très joli second rôle de mentor vieillissant, qui lui va comme un gant. Un bloc de muscles affaibli, trahi par sa santé, qui va vouloir passer le témoin et transmettre les leçons de toute une vie.

Creed réussit son pari de faire du neuf avec du vieux, de défendre son récit avec beaucoup d’honnêteté et de tordre le coup aux accusations d’opportunisme. Un film premier degré, franc du collier, qui séduit y compris dans ses maladresses.

Gilles Hérail

Creed, un film de boxe de Ryan Coogler avec Michael B. Jordan, Sylvester Stallone, Tessa Thompson, durée 2h14, sortie le 13/01/2016

Visuels : ©  affiche et bande-annonce officielles du film


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