Best-of ciné 2016 : Les meilleurs films français de l’année 2016

21 décembre 2016 Par
Gilles Herail
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La France fait partie des derniers pays européens (avec l’Italie) à conserver une production cinématographique locale florissante, qui réussit à concurrencer l’industrie hollywoodienne auprès du grand public. Le cru 2016 a brillé par sa diversité, investissant tous les genres, faisant de la place à des films populaires ou plus pointus, à des artistes confirmés ou des nouveaux venus. Les journalistes de Toutelaculture vous proposent chacun leur top 5 (sans classement) de leurs longs-métrages hexagonaux préférés de l’année.

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Gilles

Le ciel attendra : la réalisatrice des Héritiers retrace avec précision le processus de (dé)radicalisation de deux mineures. Un manuel préventif puissant contre la propagande de Daech et un manifeste politique salutaire sur la nécessité d’accompagner les jeunes concernés.

Merci patron. François Ruffin invente un genre hybride, entre pamphlet politique, comédie d’arnaque et chronique sociétale des victimes de délocalisations. Un geste militant enthousiasmant qui a bénéficié du meilleur bouche-à-oreille de l’année.

Elle : Paul Verhoven met en scène un thriller érotique implacable porté par une Isabelle Huppert au sommet de son art. La comédie noire est tranchante, les dialogues jouissifs, et on prend un plaisir incroyable à suivre ce divertissement haut-de-gamme qui a mis tout le monde d’accord.

Réparer les vivants : Katell Quillévéré nous fait vivre un deuil et un espoir, avec la même intensité, à travers la chronique d’une greffe de cœur et d’un transfert de vie. La mise-en-scène sublime et la justesse de l’ensemble des comédiens en font un candidat sérieux des Césars.

Saint-Amour : Delépine et Kervern confirment leur place à part dans le cinéma français, offrant un nouveau road-movie grolandais décalé, poétique, alcoolisé, hilarant, bouleversant. Mettant en scène deux comédiens (Depardieu et Poelvoorde) en état de grâce.

Yaël

Mobile étoile : Rafaël Nadjari sublime Geraldine Pialhas dans un filme fort sur un sujet pointu : la musique liturgique.

Les innocentes : Anne Fontaine nous emmène dans une Pologne en guerre avec la jolie Lou Delâge pour interroger la foi, la féminité et le courage.

D’une Pierre deux coups : Le premier long-métrage de Fejria Deliba est une plongée très émouvante dans le passé secret d’une femme algérienne. Bouleversant, drôle et très vivant. Mais trop peu remarqué!

Olivia

Elle de Paul Verhoeven: bien tordu, érotique, drôle, un vrai plaisir.

L’avenir de Mia Hansen-Love: très belle saisie des êtres qui nous échappent et de ce qui nous reste.

Diamant noir d’Arthur Harari: un grand film noir, organique, passé injustement inaperçu.

Juste la fin du monde de Xavier Dolan: extrêmement émouvant, et pudique. Dans le best of français, pour les acteurs, même si Xavier Dolan est Canadien.

La loi de la jungle d’Antonin Peretjatko: un film romantique, drôle et fou, avec le couple explosif Vimala Pons-Vincent Macaigne.

Ce sentiment de l’été de Mikhaël Hers: Judith Chemla et Anders Danielsen Lie (Oslo, 31 août) dans un film sur le deuil, pudique et très précieux. La douleur se répare lentement, au fil des saisons, comme la coquille des escargots.

Grégory

Elle de Paul Verhoeven: Parce que c’est le retour du hollandais violent avec un film audacieux, frénétique, brûlant, brillant, superbement écrit et réalisé. Et qui offre à Isabelle Huppert l’un de ses plus grands rôles !

Louise en Hiver de Jean-François Laguionie: Un film d’animation qui, à n’en point douter, fera date. Une merveille de poésie, de beauté et d’invention. Du grand cinéma !

La forêt de Quinconces de Grégoire Leprince-Ringuet: Coup d’essai, coup de maître pour Grégoire Leprince-Ringuet ! Un film singulier, envoutant, d’une grande beauté plastique et littéraire.

Je ne suis pas un salaud de Emmanuel Finkiel: Un grand film noir qui ausculte avec acuité une société française au bord de l’explosion. Nicolas Duvauchelle comme on ne l’a jamais vu au cinéma !

Je vous souhaite d’être follement aimée de Ounie Lecomte: Sur un sujet difficile et douloureux, Ounie Lecomte signe un film bouleversant, qui évite tous les pièges, et offre deux rôles majeurs à Céline Sallette et Anne Benoît.

Geoffrey

Rester vertical d’Alain Guiraudie : Très personnel, très maîtrisé, très sobre et très tranché dans ses parti-pris, voici un film qui emporte, et nous plonge dans des univers méconnus, durs et beaux. Avec une très belle troupe d’acteurs, et une foule de thématiques traversées. Une œuvre bientôt en lice pour plusieurs Césars, on espère…

La Mort de Louis XIV d’Albert Serra : Un monarque cloué au lit, et un petit monde affairé à ses côtés… Le réalisateur espagnol Albert Serra s’est entouré d’une équipe en grande partie française, pour nous donner à vivre une tentative de cinéma, sombre, juste, emplie de tension souterraine et d’intelligence. Au centre, le monument Jean-Pierre Léaud. A son chevet, une troupe d’interprètes chevronnés…

ET UNE MENTION SPECIALE « FILM IMPARFAIT MAIS MARQUANT » A : Ma Loute de Bruno Dumont. Malgré ses moments lassants, et ses poses parfois irritantes, ce très étrange film-monde a su planter en nous sa griffe étonnante. De cette chronique d’un XXe siècle débutant et rempli d’indicibles horreurs, on a retenu des fulgurances, des interprètes – amateurs ou professionnels – des gags…

Joanna

Médecin de campagne : Thomas Lilti poursuit sa peinture du corps médical Français en prenant cette fois le pouls de la médecine rurale. Sans prétention, ce film réaliste, très humain soutenu par de belles performances, l’habituel cynisme de François Cluzet ici compensé par l’altruisme de Marianne Denicourt fait état d’une réalité qu’il fallait évoquer, celle du désert médical français, de l’isolement des populations. Pragmatique, mais toujours pourvu d’une conclusion rehaussée d’espoir : si tout le monde s’y met, tout est possible. Le cinéma Français populaire et rationnel, rafraîchissant et juste, celui qu’il faut encourager.

visuel : collage de photos de festivals 2016